Après la poussée de l’extrême droite aux élections régionales, Manuel Valls a annoncé une nouvelle série de mesures pour endiguer le chômage. Il est évident que la situation économique avec son sous-emploi endémique est une des grandes causes du vote extrémiste. Le premier ministre serait bien inspiré de donner une dimension particulière à son plan aux zones rurales. Toutes les statistiques disponibles le montrent : le chômage y est tout autant présent qu’en milieu urbain. Il frappe en particulier les jeunes. À ce chômage s’ajoute l’isolement, la vie dans des communes qui se sont parfois dévitalisées, ont perdu leurs services publics, leurs activités de loisir, leurs cinémas etc. Des zones qui n’ont pas d’internet efficace. C’est ce sentiment d’être des laissés pour compte de la vie moderne qui accentue le mal-être, alors que dans des grandes villes, un jeune, fût-il sans emploi, n’a pas ce sentiment d’isolement.
Pour les agriculteurs, s’ajoute l’impression que la compétitivité, si indispensable, continue de passer par de la concentration, une réduction de leur nombre. Avec parfois le sentiment de ne pas être compris, ni par la population ni par les instances étatiques. La publication d’une hausse prévisionnelle des revenus, de 16 % le 15 décembre, si exacte soit-elle, tranche avec le ressenti des agriculteurs eux-mêmes, ou en tout cas le ressenti exprimé par les syndicats.
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Dans ce contexte, il est urgent que, tant sur le plan de l’emploi qu’au niveau de l’intégration dans la société, le plan de Manuel Valls accorde une part spécifique aux milieux ruraux. C’est un peu de l’unité nationale qui est en cause.