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Sabarot poursuit ses investissements sur son site de Haute-Loire

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Malgré de très mauvaises récoltes de lentilles imposant le recours à l’importation, le spécialiste des légumes secs investit 9 millions d’euros sur son site de Chaspuzac (Haute-Loire) pour automatiser ses dépôts et créer une deuxième ligne de cuisson et de surgélation.

L’été très pluvieux, un peu partout en France, a ruiné les récoltes de lentilles vertes dans tous les bassins de production de cette légumineuse de plus en plus consommée. « Les pluies de juillet ont détérioré les lentilles à leur maturité aboutissant à des rendements divisés par cinq, ce qui oblige la filière à recourir aux lentilles d’importation notamment en provenance du Canada, premier producteur mondial », reconnaît Antoine Wassner, président de Sabarot Wassner, leader de la lentille en MDD et en RHF et second acteur des marques nationales avec 30 % de parts de marché derrière Vivien Paille (32 %). Malheureusement, les producteurs canadiens ont dû faire face à un été caniculaire avec, là aussi, des rendements en baisse ayant pour conséquence des prix qui ont doublé pour passer à plus de deux euros le kilo. « Pour préserver nos marges, nous sommes contraints d’augmenter nos prix de vente, certains distributeurs le comprennent, d’autres pas qui risquent la rupture de stock au plus fort de la saison de consommation cet automne et cet hiver », poursuit-il. L’occasion aussi d’inciter les producteurs français de lentilles à ne pas abandonner cette filière très porteuse (selon l’Association nationale interprofessionnelle des légumes secs, les surfaces cultivées sont passées de 4 400 à 37 500 ha entre 1997 et 2019) qui leur garantit des prix avant récolte par contractualisation et ce qui éviterait de se tourner à nouveau vers l’importation.

Hausse prévue de 5% des ventes en 2021

Sur ce marché en croissance de 5 % par an (51 000 tonnes consommées en 2019, dont 50 % d’origine France pour une valeur d’environ 50 millions d’euros), avec le recrutement de nouveaux consommateurs notamment chez les 20-30 ans (sur cette catégorie le taux de pénétration est passé de 10 à 45 % entre 2017 et 2021), Sabarot continue de miser. La PME 100 % familiale (150 salariés) vient ainsi d’investir 6,5 millions d’euros pour doter son site de Chaspuzac (43) de nouveaux entrepôts entièrement automatisés. « Nous avons construit un nouveau bâtiment de 3 000 m2 pour le stockage de nos produits avec une forte démarche environnementale pour le rendre entièrement positif en consommation d’énergie. Et d’ici à l’an prochain, nous consacrerons 2,5 millions d’euros pour nous doter d’une deuxième ligne de cuisson et de surgélation de nos céréales et légumineuses, la première lancée il y a quatre ans étant arrivée à saturation », détaille Antoine Wassner.

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Sabarot, dont les ventes se répartissent entre la grande distribution (40 %), le foodservice, l’industrie et l’exportation (20 % chacun), a réalisé un chiffre d’affaires de 56 millions d’euros en 2020, quasi stable par rapport à 2019. « La réouverture des CHR depuis mai et la reprise à l’internationalecet été, nous laissent espérer un chiffre d’affaires pour l’exercice 2021 en hausse de l’ordre de 5 % », conclut-il.

« Pour préserver nos marges, nous sommes contraints d’augmenter nos prix de vente »