Le groupe Bontout se sépare de son activité dans la transformation des escargots au profit de Sabarot. Le site de Grandjean dans l’Ain va être renforcé, tandis que les équipements du site drômois de Pont-d’Isère vont être transférés à Polignac.
À côté du végétal, son principal pôle d’activité, Sabarot n’oublie pas les produits festifs. Il vient de renforcer cette branche en annonçant le 6 septembre une double acquisition, effective depuis le 1er août : la société Grandjean et l’activité escargots du groupe drômois Bontout. Ce groupe, repris alors qu’il était en difficulté par le fonds belge CIM Capital Partners début 2018, se sépare de son activité dans les escargots pour se concentrer sur les champignons.
Bontout était présent dans l’escargot à travers deux entités. Grandjean, que Sabarot rebaptise « Maison Grandjean », est spécialisé dans les escargots en conserve, beurrés, frais et surgelés, destinés aux restaurants gastronomiques et au rayon traiteur libre-service des GMS. « Cela nous permet de nous développer dans le luxe alors que Sabarot est plutôt bien placé sur le cœur de marché, en acquérant une société saine et un site de production que nous allons moderniser dans les prochains mois », explique Antoine Wassner, p.-d.g. de Sabarot. Le savoir-faire des salariés du site de Replonges, dans l’Ain, est l’un des principaux atouts de l’entreprise, selon Antoine Wassner.
Outre Grandjean, Sabarot acquiert le fonds de commerce de l’activité escargot de Bontout, y compris la licence de marque Bontout pour les escargots en GMS et en RHF, et cela pour plusieurs années. Le matériel du site de Pont-d’Isère, dans la Drôme, va être réinstallé à Polignac (Haute-Loire), site principal de Sabarot.
Un secteur de plus en plus concentré
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Avec ces deux acquisitions, qui représentent environ 2 millions d’euros de chiffre d’affaires chacune, Sabarot se renforce dans les escargots, une activité où il est présent depuis 1998, avec la reprise de La Tour Polignac. Sabarot connaissait bien le groupe Bontout car il le fournissait déjà en chair d’escargot et maîtrise les filières en Pologne, en Serbie et en Turquie, où les escargots sont collectés, préparés et surgelés avant d’être transformés en France.
Cette opération de croissance externe permet à Sabarot de renforcer l’intégration entre l’amont et l’aval de la filière escargot, et d’améliorer sa position dans un secteur déjà très concentré, aux côtés de Française de Gastronomie (du groupe Belge La Floridienne) et d’Escal. L’entreprise familiale prévoit des investissements de l’ordre de 500 000 à 700 000 euros sur le site de Replonges, après l’avoir audité à l’issue d’une année d’activité.
Tout en étant minoritaires dans l’activité globale de Sabarot, les produits festifs (champignons, fruits rouges, escargots), soumis à une forte saisonnalité, sont une niche que l’entreprise compte développer. Antoine Wassner est ainsi toujours à l’écoute d'opportunités de croissance externe dans ce secteur, sans doute moins courru que le végétal, qui fait l’objet d’une forte concurrence à l’achat actuellement. Sabarot vise les 58 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 (52 millions d’euros en 2018), après la prise en compte des deux acquisitions sur une partie de l’exercice. D’ici cinq ans, son dirigeant vise les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.