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Résultats Saint Louis profite de la remontée des cours du sucre

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Le groupe Saint Louis Sucre, dont la maison mère Südzucker affiche des résultats en forte hausse, profite de la remontée des cours du sucre. Avec la fin des quotas au 1er octobre, sa production 2017 devrait grimper de 20 à 21 %, a-t-il indiqué le 6 juillet.

« L’exercice 2017-2018 démarre bien : on bénéficie pleinement du redressement des cours qui sont au plus haut depuis deux ans », a déclaré à Agra Presse Thierry Desesquelles, le directeur betteravier. Conséquence, le résultat opérationnel franchirait, d’après lui, la barre des 500 M d’euros en chiffre consolidé, Südzucker ne publiant pas les comptes de sa filiale française. L’allemand, numéro un du sucre en Europe, confirmerait ainsi sa nette progression. Pour l’exercice clos en février 2017, Südzucker affiche un résultat opérationnel de 426 M d’euros (contre 241 M d’euros l’année précédente) et un chiffre d’affaires avoisinant 6,5 Mrd d’euros. La branche sucre renoue avec les bénéfices, à 72 M d’euros (contre -79 M d’euros). Un basculement dans le vert imputé à la hausse des cours. La branche éthanol conforte, elle, son résultat opérationnel à 98 M d’euros (contre 87 M d’euros).

« Les fondamentaux du marché du sucre restent plutôt bons, avec un quasi-équilibre entre production et consommation, des stocks en baisse depuis deux ans », considère Thierry Desesquelles. Si une baisse des prix est intervenue sur plusieurs mois, elle est due aux prises de profit des fonds spéculatifs, d’après lui. « Ces derniers jours, un petit rebond se manifeste, note-t-il. Est-ce annonciateur d’une remontée ? » Après avoir touché le fond récemment à quelque 350 dollars/t sur le marché londonien, le sucre cotait 415 dollars/t le 6 juillet en milieu d’après-midi.

Une conjoncture susceptible d’attirer de nouveaux planteurs. Saint Louis Sucre en compte 632 pour la récolte à venir, qui porte l’effectif total à environ 4 700. Parmi ces nouveaux planteurs, les deux tiers n’ont jamais fait de betterave, d’après le groupe. D’autres effectuent leur retour, après avoir quitté le secteur lors de la réforme sucrière de 2006. Le groupe table sur une production en hausse de 20 à 21 % sur l’exercice en cours. Sa campagne sucrière doit passer de 115 jours à 120/125 jours, dans le but d’écraser les coûts fixes.

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Efforts de productivité

À quelques mois de la fin des quotas, Saint Louis Sucre souligne ses efforts de productivité. « Depuis 2010, environ 500 M d’euros ont été investis dans nos quatre usines », indique Thierry Desesquelles. À Etrépagny, le groupe change de chaudière pour passer du charbon au gaz. La mise en service est programmée l’an prochain. À Eppeville, l’investissement a porté sur l’expédition du sucre : pour s’adapter à des marchés export plus ouverts, des trains spéciaux sont prévus dès 2017 à destination des ports ou de l’Italie notamment. À Roye, près de 200 M d’euros ont été injectés sur 4/5 ans pour une rénovation complète depuis les cours à betterave jusqu’au stockage. À Cagny, l’augmentation des capacités de stockage est mise en avant, avec la construction d’un tank à sirop.

Une montée en puissance est prévue sur le plan commercial. « Saint Louis Sucre possède des liens commerciaux avec l’Afrique de l’Ouest, qu’on pense développer », signale-t-il. La marque est « très connue dans la moindre épicerie » notamment au Sénégal, Nigéria, Côte d’Ivoire. Reste à conquérir l’Asie. À l’échelle du groupe, il s’agit de s’appuyer sur la toute récente société de négoce créée par Südzucker à Anvers (Belgique). Le dispositif est complété par ED&F Man, un trader international détenu à 35 % par le groupe sucrier après une deuxième prise de participation en septembre 2016. Südzucker compte aussi sur son organisation logistique. La maison mère a réalisé des prises de participation notamment à Anvers, dans des capacités de stockage et d’expédition.