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Sucre/Resultats Saint Louis Sucre a consolidé sa situation financière

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Le groupe Saint Louis Sucre a fortement amélioré ses résultats en 2004/05, grâce à une excellente campagne en France et au redressement de sa filiale polonaise. Et pourtant, les données du marché ont été plutôt défavorables et risquent d’être grevées par la prochaine réforme de l’OCM. La solidité financière du groupe l’aidera néanmoins à s’adapter et à saisir des opportunités en particulier dans la filière canne au Brésil.

Les résultats annuels que Frédéric Rostand, président du directoire de Saint Louis Sucre, a présentés le 2 juin sont particulièrement satisfaisants. Le numéro 2 du sucre en France, filiale de l’allemand Südzucker, premier sucrier mondial avec 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a vu ses ventes augmenter de 11 % à 1,08 milliard d’euros. Mieux encore, son résultat opérationnel a bondi de 22% à 156 M EUR. Le bénéfice net, lui, a été en repli de 9% à 98 M EUR.

Redressement en Pologne

Le groupe français a en effet opéré un redressement spectaculaire de ses activités en Pologne dont le résultat opérationnel a atteint 42 M EUR pour un chiffre d’affaires de 198,9 M EUR. L’intégration de ce pays comme celle des autres PECO a porté ses fruits, Eastern Sugar, dont Saint Louis possède 49,5% en Hongrie, Tchéquie et Slovaquie, ayant contribué au bénéfice net du groupe pour 7 M EUR.

La modernisation de la filière doit à terme rapprocher ces régions des standards de l’Europe de l’Ouest. Trois usines du holding de Silésie (sur 12) ont été fermées et leur effectif total a été ramené de 3000 à 1316 salariés ; des investissements de 13 M EUR ont déjà été consacrés à la modernisation des sucreries polonaises, un effort qui sera poursuivi cette année à hauteur de 17 M EUR, dont plus de 8 millions pour les ateliers de conditionnement et les silos de stockage, avec une nouvelle fermeture d’usine pour améliorer la productivité. Sur le plan agricole, les progrès sont en cours mais les rendements ne sont encore que de 8,5 tonnes à l’hectare (contre 12,2 t en France) et la production des 9 usines de 350 000 t. En France, le groupe a produit dans ses 5 usines 963 000 tonnes grâce à une campagne particulièrement bonne avec un rendement record, une faible tare, et une richesse élevée.

N°1 en grandes surfaces

Sur le plan commercial, la conjoncture a été en revanche défavorable : l’élargissement de l’UE et l’absence de déclassement a créé une situation d’excédent et pesé sur les prix, le bas niveau des restitutions provoquant pour la première fois une mise à l’intervention de 247 000 t pour l’ensemble de l’UE. Sur le marché intérieur, alors que les ventes de sucre de bouche stagnent et sont même en baisse en grande distribution (de l’ordre de -2%), Saint Louis a beaucoup innové pour conserver son rang de numéro un en grandes surfaces (hors hard discount) avec 34% de part de marché en valeur, mais a vu ses marges comprimées par les accords Sarkozy, qui ont été sans aucun effet sur les volumes vendus. Le plan d’action que le groupe a mis en œuvre pour réduire ses coûts et développer des synergies n’a compensé que partiellement ces facteurs négatifs.

Le groupe a lancé six nouvelles références, notamment le Volucello et le « pack », un nouveau conditionnement de troisième génération pour le sucre en poudre, en forme de brique parfaitement étanche. Dans le même temps, il a renforcé ses démarches qualité et complété son portefeuille de certifications de ses usines.

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Pour l’avenir, Saint Louis s’engage en faveur des biocarburants : il a contracté déjà 150 000 t de betteraves pré-éthanol pour répondre au plan gouvernemental dès 2005 et il est candidat aux agréments de production pour 450 000 hl de sa distillerie d’Eppeville.

Investir au Brésil

Frédéric Rostand s’est surtout déclaré prêt à « saisir toutes les opportunités » : dans le cadre de la réforme de l’OCM, il cherchera à profiter des possibilités de rachat de quotas offertes aux groupes exportant en dehors de l’UE. Par ailleurs, il regarde clairement, comme l’a déjà fait le groupe Tereos, vers le Brésil, « principal concurrent de l’Europe et moteur de la croissance mondiale du sucre, doté de l’économie sucre-alcool la plus compétitive au monde, et qui est ouvert aux investissements étrangers ».

Si Frédéric Rostand assure qu’aucun projet n’est encore concrétisé, il admet que la première étape devrait être l’acquisition d’une société existante.

La situation financière du groupe, au sortir du dernier exercice, lui permet de faire face à ces challenges à venir. L’activité a en effet généré 134 M EUR de marge brute d’autofinancement, contre 94 M en 2003/04, soit 12 % du chiffre d’affaires. Ainsi se trouve largement couvert le financement des investissements qui sont passés de 35,5 M EUR à 41 millions (dont 28 M en France pour l’équipement TetraPak, pour de nouveaux tanks à sirop à Roye et Guignicourt et un circuit de refroidissement du sirop à Eppeville). De plus, les fonds propres ont été renforcés par la mise en place en mai 2004 de 150 M EUR d’O.R.A., ce qui maintient le taux d’endettement du groupe à 18% du total du bilan.