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Saint-Louis Sucre ferme deux sucreries

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L’industriel Saint-Louis Sucre a annoncé le 14 février la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France en 2020 ainsi qu’une vaste réorganisation pour faire face à une baisse des cours du sucre.

« Ce projet répond à la nécessité de s’adapter à la nouvelle donne du marché du sucre : libéralisation du marché européen depuis octobre 2017 avec la suppression des quotas, surproduction à l’échelle mondiale et chute des prix sans précédent sur les marchés mondiaux et européens », a indiqué le groupe, filiale de l’allemand Südzucker, dans un communiqué. Il s’inscrit dans « un contexte de pertes de la branche sucre du groupe Südzucker, l’amenant à devoir adapter ses capacités de production à la demande du marché européen », précise-t-il. Südzucker a enregistré un déficit de 83 M€ sur sa branche sucre au 3e trimestre de l’exercice 2018-19.

Les sites de Cagny (Calvados), Eppeville (Somme) et Marseille sont visés par cette restructuration « après la campagne sucrière 2019-20 ». L’usine de Cagny, approvisionnée par 1 036 planteurs, cesserait sa production de sucre au profit du stockage de sucre, mélasse et de la production d’alimentation animale à partir de mélasse ; « le traitement d’une partie des betteraves serait assuré par la sucrerie d’Etrépagny (Eure) ». Eppeville, approvisionnée par 1 268 planteurs, se recentrerait sur le stockage de sucre, sirop et mélasse ainsi que sur la déshydratation de pulpes ; « les betteraves seraient traitées par la sucrerie de Roye, avec un ajustement de volume ». À Marseille, usine de conditionnement, une réorientation de l’activité est prévue sur la production de sucre liquide.

Deux poids deux mesures, dénonce-t-on à FO

« Cette décision unilatérale est un coup terrible pour 2 500 planteurs de betteraves », déplore la CGB qui affiche sa mobilisation auprès de l’industriel allemand et des dirigeants politiques. 36 000 ha de betteraves et 500 000 t de sucre soit près de 10 % de la production française sont concernés, d’après le syndicat.

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« L’Europe avait un marché régulé mais la suppression des quotas de sucre en 2017 a encouragé les industriels à augmenter leur production de 30 %, ce qui a inondé le marché et fait baisser les prix », a déclaré à l’AFP Loïc Touzé, délégué syndical central FO, soulignant que Saint-Louis Sucre accuse aujourd’hui un déficit de 70 M€. Il dénonce toutefois le deux poids-deux mesures entre les usines allemandes de la maison mère et les françaises. « Südzucker vient d’annoncer qu’il arrêtait de produire 700 000 t de sucre par an mais c’est la France qui concentre l’essentiel des efforts avec 450 000 t. L’actionnaire privilégie ses usines en Allemagne », regrette le syndicaliste, pour qui « d’autres solutions auraient été possibles sans fermeture d’usine ».

Dans un communiqué, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a jugé cette décision « brutale ». « S’il apparaît que des investissements pour maintenir la production à Eppeville sont nécessaires, les collectivités locales et en premier lieu la Région Hauts-de-France seront prêtes à participer à cet effort financier », a-t-il écrit.

10 % de la production française sont concernés, d’après la CGB