L'entreprise sucrière Saint Louis Sucre (groupe Südzucker) a présenté son contrat 2022, basé sur un prix garanti pour 100 % des betteraves contractées, et non plus seulement 70 %.
Il s’agit de « sécuriser la rentabilité de la betterave sur l’exploitation » face à « des cultures concurrentes qui ont des marchés haussiers », a expliqué le directeur betteravier de Saint Louis Sucre, Thomas Nuytten lors d’une réunion avec les planteurs, le 16 juin. Le précédent contrat, lancé pour 2020 et reconduit pour 2021, était basé sur un prix garanti de 25,56 €/t 16° forfait collet sur 70 % des betteraves contractées, les 30 % restantes étant payées au prix SZ4, corrélé au prix de vente du sucre des quatre filiales du groupe Südzucker. À 25,31 €/t, le contrat 2022 marque une baisse du prix garanti mais qui est étendu à 100 % des volumes contractés et avec un paiement anticipé.
La totalité de la somme sera versée au 31 mars, après un acompte de 14,50 €/t le 10 du mois suivant la livraison, et un supplément de prix pourra intervenir au 30 juin sur décision de la commission de répartition de la valeur (CRV) intégrant les planteurs. Son montant va suivre l’évolution des prix du sucre, promet l’industriel, qui se montre « optimiste » à ce sujet.
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Poursuite de la hausse des cours du sucre
« Nous sommes optimistes : la hausse (des cours) devrait continuer dans les mois à venir », estime Daniel Calmejane, directeur des ventes à l’industrie et l’export. Et de citer comme facteur haussier la situation au Brésil, où la production est amoindrie par la sécheresse et une compétition accrue de l’éthanol liée au rebond des prix des carburants. À surveiller toutefois le cas de l’Inde, identifié comme facteur baissier si une récolte plus élevée se confirme, et si l’impact de la Covid-19 sur la consommation entraîne plus d’export.
La rentabilité de la betterave, désignée comme « enjeu numéro un », est pour Saint Louis Sucre « indissociable » de la durabilité, « l’enjeu numéro deux ». Pour y répondre, le groupe mène une conversion de sa ferme expérimentale d’Etrépagny (Eure) à l’agriculture de conservation des sols. L’objectif est de tester « des techniques productives et durables », souligne Thomas Nuytten. Cette ferme de 80 ha, à deux pas de l’usine d’Etrépagny, Saint Louis Sucre veut en faire une « vitrine » de ses efforts pour satisfaire les attentes des clients sur la réduction des phytos, la préservation de la biodiversité et des sols. Le projet est mené avec la coopérative Sevépi, qui s’occupe des autres cultures que la betterave dans l’assolement. La chambre d’agriculture de Normandie, avec ses équipes en zone de captage d’eau potable de Bézu-Saint-Eloi, est également partenaire. Enfin des start-up sont sollicitées, comme FarmDroid avec son robot 100 % autonome pour le semis et le désherbage dans le rang et entre les rangs de betteraves.