Avec une équipe de cadres confirmés, le spécialiste du fruit transformé retrouve l’équilibre financier et poursuit une politique de remise à niveau industrielle et commerciale.
Mathieu Lambeau, directeur général de Saint-Mamet, assure que son entreprise de fruits transformés terminera l’exercice 2016/2017 (clos au 30 juin) avec un chiffre d’affaires identique à celui de l’année dernière à 100 M€, une production en hausse de 15 % mais surtout un retour à un équilibre des comptes. Une "promesse" déjà faite il y a un an, après des années chaotiques (Agra Alimentation du 9 juin 2016). L’ancien DG de Findus France vise désormais une croissance soutenue sur le rythme du dernier trimestre qui affichait une hausse des ventes de 7 %, grâce à la modernisation de l’outil industriel, une politique de communication très axée sur les réseaux sociaux et une recomposition de son offre.
Modernisation accélérée
Le 17 juillet prochain, une nouvelle unité de production qui a nécessité 10 M€ d’investissement entrera en production sur 10 000 m2. Elle remplace l’unité de fruits au sirop obsolète des années 60, de 27 000 m2, située sur le site. La nouvelle unité, équipée de 16 robots de fabrication japonaise, fera baisser la consommation d’eau et d’électricité de 30 %, optimisera l’utilisation des matières premières, préservera mieux les qualités organoleptiques des fruits, permettra des productions sans sucre ajouté et le développement du bio. En 2019, Saint Mamet prévoit d’assurer son alimentation électrique par une ferme solaire construite sur le site. Franck Gaudet, ancien directeur du Cellier des Dauphins et des opérations de Pernod Ricard Americas, qui a rejoint l’entreprise en janvier, pilote l’ensemble de la rénovation industrielle et logistique de l’entreprise. Il travaille sur la modernisation de la seconde unité du groupe, spécialisée dans les compotes et confitures pour une ouverture prévue en 2018. Aucun montant d’investissement n’est annoncé. Le site de Vauvert (30) traite, au total, 50 000 tonnes de fruits par an dont 70 % de la région.
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Nouveaux produits et du bio
Saint Mamet qui s’approvisionne auprès de 150 arboriculteurs installés essentiellement dans le Gard, l’Hérault et les Bouches-du-Rhône, ainsi qu’en Espagne, veut faire de cette spécificité une force. Joël Derrien, (ex-Liebig, Danone, Mc Cormick) directeur marketing, anime sur les réseaux sociaux, dans les relations presse et sur les packagings une campagne de sensibilisation pour inciter les consommateurs à préférer des produits locaux. Saint Mamet axe essentiellement sa croissance sur la restauration scolaire qui assure 30 % de ses ventes et la GMS (45 %) plutôt que la MDD. Stéphane Lehoux, directeur commercial et international mise sur l’accélération de la création de nouveaux produits, le développement de la RHF et de la GMS, le développement du bio pour satisfaire les objectifs des cantines scolaires et la demande des réseaux spécialisés.
Saint Mamet emploie 120 personnes dans ses usines, 80 personnes dans les services tertiaires et 300 saisonniers. Auxquels s’ajoutent les producteurs de Conserve Gard, coopérative créatrice de Saint Mamet en 1953 et propriétaire jusqu’en 1998. Soit 2 000 personnes au total. Pour sa modernisation, l’entreprise a recruté une vingtaine de cadres et d’agents de maîtrise. Une partie d’entre eux est entrée au capital de manière minoritaire, une situation propice au redressement de l’entreprise.