La consommation des fruits d’été souffre en 2023. Ce n’est pas faute d’un manque de connaissances sur le calendrier des saisons chez le consommateur. Ce qui est différent pour certains légumes.
Dans un communiqué diffusé le 21 juillet, Interfel (interprofession des fruits et légumes frais) s’inquiétait de voir la consommation des produits d’été en berne, alors que l’été bat son plein avec des températures estivales dans la plupart des régions françaises. Et elle a interpellé le consommateur : « Connaître la diversité et la disponibilité des fruits et légumes en cœur de saison, c’est s’assurer une alimentation saine au meilleur prix », expliquait Interfel.
Cela relève du paradoxe. Mais les Français connaissent-ils bien la saisonnalité des fruits ? En juillet, le fabricant de desserts fruités Charles & Alice a révélé les résultats d’une enquête qu’il avait commandée en octobre 2022 à l’Ifop pour évaluer la connaissance des Français en matière de fruits. Elle a révélé que le consommateur semblait connaître les périodes de récolte, du moins pour les fruits les plus consommés. Ainsi, il positionne bien la pleine saison de l’abricot entre juin et août : « Plus de quatre Français sur dix (44 %) considèrent à juste titre que juillet est le pic de la saison de l’abricot, suivi par août (23 %) », note l’étude. A contrario, elle relève aussi que 20 % des sondés ne connaissent pas la saisonnalité de ce fruit ou citent une période inexacte. Pareillement, 12 % des personnes interrogées associent une saisonnalité trompeuse (d’avril à juillet) à la clémentine, incontournable de la période automne-hiver, ou n’en ont aucune idée.
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Perte de repère chez le consommateur d’artichaut
Cependant, la saisonnalité de la production n’est pas obligatoirement celle de la consommation, spécialement pour les légumes. Récemment, Prince de Bretagne (Cerafel) expliquait que le pic de consommation de certains légumes se décalait et n’était pas en adéquation avec leur période maximale de production. Le cas de l’artichaut (20 000 tonnes par an en moyenne), dont le pic de production se situe au mois de juin, est assez exemplaire : « Depuis quelques années, nous avons des difficultés de commercialisation pendant le pic de notre campagne en juin. Le consommateur est en perte de repère sur la saisonnalité de l’artichaut. Sa présence toute l’année en linéaires depuis une décennie avec l’arrivée des origines italienne et espagnole et l’allongement de la campagne du Roussillon, qui vient de plus en plus en concurrence frontale avec le produit breton, sont des explications, explique Pierre Gélébart, chef produit Artichaut chez Prince de Bretagne. Il faut aussi considérer l’évolution du repas des Français, où l’entrée tend à disparaître, et le fait que l’artichaut soit un produit à cuire, peu propice à la consommation estivale. » Le même constat peut être fait pour le brocoli, attaché dans l’imaginaire du consommateur à une consommation hivernale.