Le cas des fruits et légumes est exemplaire. De plus en plus, la compétitivité des filières agricoles dépend aussi des conditions d’emplois des salariés des exploitations. Certes, la protestation contre le coût des charges sociales est, en France, un sport national. Mais pour certains secteurs dont la proportion en main-d’œuvre est importante, elle n’est pas dénuée de fondement. On ne peut pas demander à des producteurs français de lutter contre des concurrents qui ont deux fois moins de charges salariales quand ces salaires représentent plus du tiers des coûts de revient.
Ce qui est vrai des fruits et légumes le sera bientôt pour d’autres productions comme l’élevage hors sol, la viticulture ou encore certaines grandes cultures. N’oublions pas que plus de la moitié des exploitations françaises emploient des salariés non familiaux. Le problème de l’agriculture du pays est en grande partie un problème d’emploi. Cela veut dire charges sociales mais aussi formation, conditions de travail et capacité à attirer les meilleurs. Une étude sur la productivité du travail en arboriculture, publiée par le ministère de l’Agriculture, révélait récemment que la valeur ajoutée d’un salarié agricole néerlandais est 50% supérieure à celle d’un salarié agricole français ou allemand. Il serait intéressant de savoir pourquoi.
En s’attaquant à la question de la compétitivité de la filière fruits et légumes, les professionnels et le ministre devront bien se colleter à ces problèmes d’entreprise, au fond classiques en industrie. Et, peut-être, regarder ce qui s’est fait dans d’autres domaines et d’autres pays pour en tirer des leçons.
En attendant, bonnes vacances pour ceux de nos abonnés qui en prennent. Rendez-vous au 31 août pour la prochaine édition d’Agra Presse.
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