Après dix ans d’attente, les salariés des chambres d’agriculture ont obtenu une augmentation de leur point d’indice, pour faire face à l’inflation. Le président de Chambres d’Agriculture France demande en conséquence une hausse de la TATFNB.
Les quelque 8 000 salariés du réseau des chambres d’agriculture bénéficieront d’une augmentation du point d’indice de 2,75 % au 1er juillet, se félicite la CFDT Agri-Agro dans un communiqué le 24 juin. Une avancée « historique », estime le syndicat, qui intervient au terme d’une « négociation acharnée » débutée fin 2021, les employeurs ayant proposé « en début de négociation une mesure à seulement 1,80 % ». « Bien sûr, la CFDT Agri-Agro demandait plus, mais enfin il est mis fin à trop d’années sans augmentations collectives », se réjouit le syndicat : la dernière remontait à 2012. Rappelant sa « représentativité de plus de 75 % parmi les salariés des chambres, la CFDT Agri-Agro indique qu’elle « s’appuiera sur cet accord pour tenter de rétablir dans la durée un niveau de dialogue social de branche tel que le mérite le réseau des chambres d’agriculture ».
Le syndicat avait demandé à rouvrir les négociations salariales en novembre 2021. De leur côté, les employeurs des chambres plaidaient pour une réforme globale du statut des salariés. Une piste abandonnée depuis pour cause de calendrier législatif. Ce dossier des conditions de travail est particulièrement sensible pour un réseau des chambres d’agriculture qui éprouve des difficultés à recruter et fidéliser du personnel.
« Pas de revenu en face »
En conséquence, les chambres vont devoir rééquilibrer leurs comptes. À l’occasion de la Convention des chambres d’agriculture le 28 juin, à la Cité des sciences de Paris, le président de Chambres d’agriculture France (ex-APCA) Sébastien Windsor a demandé une hausse de la TATFNB, la taxe affectée au financement du réseau consulaire, qui représente plus d’un tiers de son budget.
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Objectif : compenser les hausses de salaire. « Ce n’est pas facile car nous n’avons pas le revenu en face », a expliqué Sébastien Windsor, alertant d’un risque d’augmentation des prestations payantes en l’absence de hausse de la TATFNB. Présent lors de la convention, le ministre de l’Agriculture a pris note de la demande du réseau, sans y répondre pour l’instant.
En novembre 2021, les chambres d’agriculture et leur ministère de tutelle avaient signé un Contrat d’objectifs et de performance pour la période 2019-2025, incluant un engagement de l’État à « défendre le principe d’une stabilité » de la TATFNB sur cette période. Une bonne initiative, a souligné le nouveau ministre Marc Fesneau.