Le 26 janvier, la Confédération paysanne a manifesté à Lyon pour protester contre l’abattage préventif de 77 000 volailles pour cause de salmonelles. Un « excès de zèle sanitaire », pour le syndicat, qui dénonce une « réglementation inadaptée » à l’élevage plein air.
Une centaine d’adhérents de la Confédération paysanne, rejoints par des consommateurs du réseau inter-Amap, ont manifesté le 26 janvier devant la préfecture du Rhône pour protester contre l’abattage préventif de « plus de 77 000 poules » pondeuses pour cause de salmonelles. Nicolas Girod, porte-parole national du syndicat, était présent, ainsi que des producteurs du Vaucluse, de la Drôme et de l’Isère. D’après la Conf', ces abattages concernent sept élevages de plein air, « de toutes tailles […], y compris des gros élevages appliquant des mesures de biosécurité drastiques ». Des salmonelles ont été détectées dans les parcours des poules, et sur les œufs pour une exploitation, explique Antoine Pariset, porte-parole de la Confédération paysanne du Rhône. Ces contaminations ont mené à l’abattage préventif des poules sans contre-expertise. Un « excès de zèle sanitaire », selon lui, car les salmonelles sont « naturellement présentes » dans les parcours. « Il y a une petite année, quand on trouvait de la salmonelle sur les œufs, on rappelait les œufs et on avait droit à une contre-expertise », explique le responsable départemental de la Conf'. « Si on en trouvait à nouveau, le troupeau était abattu. »
« 40 % des troupeaux détruits pour rien »
Le syndicat demande le retour à cette « analyse de confirmation », qui « faisait consensus » pour le porte-parole. Cette étape a été supprimée par un arrêté du 1er août 2018. Une décision qui « de fait, accroît considérablement le nombre de foyers », car « 40 % des premières analyses positives n’étaient pas confirmées », affirme la Confédération paysanne dans un dossier de presse. Ce qui lui fait dire qu'« aujourd’hui, il y a 40 % des troupeaux qui sont détruits pour rien ». Les petits élevages de plein air sont en première ligne, pointe-t-elle. « Avec la législation actuelle, en plein air, on contrôle 90 fois plus un petit élevage de 1 000 poules, conduites en quatre lots, qu’un élevage de 30 000 poules conduites en un seul lot, alors que le petit élevage touche… 30 fois moins de consommateurs. » Ce « couperet insupportable » pour les élevages de plein air conduit certains exploitants à abandonner cette production, pour le syndicat.
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Dénonçant une réglementation « inadaptée au nouveau paysage de la volaille » – notamment au développement du plein air –, la Confédération paysanne demande une « concertation » avec les pouvoirs publics et la filière. Outre le rétablissement de l’analyse de confirmation, le syndicat minoritaire réclame « un système d’analyses progressif et cohérent » et une indemnisation de « tous les élevages foyers ». La Conf' « a déjà interpellé à plusieurs reprises la DGAL et n’a toujours pas eu de retour ».