Abonné

Salon de l’agriculture : édition très politisée en vue

- - 5 min

Un mois après le début des manifestations agricoles, et à quelques mois des élections européennes, l’édition 2024 du Salon de l’agriculture sera très politisée. L’expression du président de la République est très attendue. Les chambres d’agriculture appellent à conserver une « communication positive »

Un mois après le début d’un mouvement de contestation, le chef de l’État est attendu de pied ferme au Salon de l’agriculture qui s’ouvre le 24 février. « À l’heure actuelle, tout est dans les mains du président » Macron, a expliqué le président des Jeunes agriculteurs, Arnaud Gaillot le 21 février, appelant celui-ci à « casser la baraque » samedi au Salon de l’agriculture. Pour continuer de mettre la pression, après les annonces de Gabriel Attal, le 21 février, FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA) ont prévu à Paris, ce vendredi 21 février un « cortège » d’agriculteurs emmenés par quelques tracteurs et se terminant devant les portes du Salon. La Coordination rurale a prévu aussi une manifestation vendredi à Paris. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, se prépare ainsi à une visite « pas forcément » sereine. À quelques semaines des élections européennes, l’édition 2024 sera résolument politique. Marine Le Pen (RN), Jordan Bardella (RN), Manon Aubry (LFI), François-Xavier Bellamy (LR), Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (Les Ecologistes) ou encore Raphaël Glucksmann (Place publique) ont prévu d’arpenter les allées de « la plus grande ferme de France », qui rassemble chaque année pas moins de 600 000 visiteurs.

À quelques jours de l’ouverture, l’affrontement entre le RN et le gouvernement occupait l’attention des médias généralistes. Le Premier ministre Gabriel Attal se dit « prêt » à un "débat" avec Marine Le Pen sur l’agriculture, mais refuse que le Salon devienne « l’otage de joutes politiques ». « Si le RN (Rassemblement national, NDLR) veut transformer les champs en un terrain politique, alors je suis prêt à un débat sur l’agriculture avec Marine Le Pen », affirmait le chef du gouvernement dans un article du Figaro mis en ligne le 20 février soir. « On ne l’entend pas beaucoup (Marine Le Pen, NDLR), sûrement parce qu’elle n’est pas à l’aise avec le bilan de son parti au Parlement européen. C’est trop facile de ne rien dire », estime-t-il. La chef de file des députés RN lui a répondu sur le réseau X, estimant que « le Premier ministre cherche à brûler les étapes ». « Mais en pleine campagne européenne l’arme anti-Bardella devrait surtout accepter le débat que lui a proposé notre tête de liste et président du Rassemblement national, Jordan Bardella », a-t-elle ajouté. Ce dernier a aussi accusé Gabriel Attal de « jouer l’esquive ». « Je suis prêt à débattre avec Gabriel Attal. Lui refuse », a-t-il affirmé sur X. Une accusation qui lui a aussitôt valu une riposte. Le Premier ministre n’étant pas tête de liste, il n’y a « aucune raison qu’il débatte avec Jordan Bardella », a répliqué Matignon.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

élections
Suivi
Suivre
élections européennes
Suivi
Suivre

« Communication positive »

Les chambres d’agriculture ont appelé le 20 février à maintenir des « éléments de communication positive auprès du citoyen ». « Habituellement c’est toujours une fête. Je pense qu’il est nécessaire de maintenir, autour du Salon de l’agriculture, des éléments de communication positive auprès du citoyen », a déclaré le président des chambres d’agriculture, Sébastien Windsor, lors d’une conférence de presse. À quatre jours de l’ouverture de ce salon « un peu particulier », M. Windsor estime que le salon sera « un moment d’expression des difficultés du monde agricole » auprès de leurs concitoyens. Il compte aussi sur ce moment de « dialogue direct » entre les visiteurs et les agriculteurs pour faire comprendre aux consommateurs qu’ils peuvent « accompagner l’agriculture ».

« Pour régler ces mêmes problèmes de revenu qui ont fait que les agriculteurs sont descendus dans la rue […], il est important d’embarquer le consommateur et de (lui) expliquer que le revenu, il passe aussi par sa capacité à mettre quelques centimes ou quelques euros de plus dans son assiette, dans son alimentation », a-t-il affirmé. Le président des chambres d’agriculture a ajouté comprendre « que l’immense majorité des Français aient des problèmes de pouvoir d’achat » mais a dénoncé un « arbitrage » des dépenses souvent fait au détriment de l’alimentaire.

MR avec AFP