Abonné

Salon des vins de Loire : ancrage consolidé dans le local et le numérique

- - 5 min

Le salon des vins de Loire, qui s’est du 5 au 7 février au parc des expositions d’Angers, consolide son positionnement de salon d’acheteurs de vins régionaux, et ouvert aux technologies numériques. Les organisateurs tiennent à affirmer cette spécificité ligérienne, alors qu’un nouveau salon du vin, Vino Vision, axé sur les vins septentrionaux, se tiendra du 12 au 14 février à Paris.

« Ce qui nous importe, c’est de voir renforcée l’expérience des acheteurs à leur retour du salon des vins de Loire : ce que le chef de rayon pourra retenir du millésime 2016, comment sont composés les rosés et crémants de Loire, bref, ce qu’il pourra dire à ses clients après les master class et les workshops auxquels il aura assisté », a indiqué Christian Groll, commissaire général, en fin de journée du 6 février. « L’offre s’oriente davantage vers le bio et les acheteurs sont de plus en plus les cavistes des Pays de la Loire et d’île-de-France », a-t-il ajouté.

Numérique : les viticulteurs motivés pour les outils météo, pas pour le commerce en ligne

Parallèlement à cet ancrage régional, le salon a innové en créant pour cette 31e édition un espace dédié aux start-up du vin et au numérique. Il s’avère que les vignerons du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique s’impliquent très majoritairement dans certains domaines du numérique et peu dans d’autres. Ainsi, « presque tous sont connectés en météo, mais seulement le tiers connaissent les outils pour le commerce du vin, la vigne et le chais », a indiqué Rémy Marrone, fondateur de la Vigne Numérique, cluster des start-up du vin et du numérique à Nantes. En effet, d’après une étude qu’il a présentée, ils sont 33 % à utiliser Internet pour leurs ventes de vin. Pourtant, parmi ces 33 %, une proportion non négligeable ont des boutiques en ligne, mais ils ne les animent pas vraiment. Ils sont habités par une forme de scepticisme qui s’explique ainsi, selon Rémy Marrone : au début de l’expansion de l’e-commerce, « nombre de prestataires ont convaincu des vignerons que l’avenir incontournable est le digital et qu’il faut y aller ». Mais la promesse n’a pas été tenue, les vignerons ont lâché les prestataires, et finalement ils ont vu qu’ils arrivaient à survivre sans eux. En réalité, « le numérique peut être un accélérateur pour la commercialisation » et la technique à la vigne et à la cuve, mais il faut savoir que « ce n’est pas magique », a commenté Rémy Marrone, qui est aussi formateur en stratégies marketing digital des entreprises à Nantes.

Même en amont du travail du vigneron, le recours au numérique est plutôt faible (hormis la connection à la météo) : 42 % connaissent les outils numériques pour le traitement des vignes ; 32 % connaissent les outils numériques pour la mesure de la maturité de la vigne ; et 38 % connaissent les outils numériques pour la vinification, selon l’étude de la Vigne Numérique.

« Le numérique peut être un accélérateur, mais il faut savoir que ce n’est pas magique »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Start-up : décharger le vigneron des tâches de gestion répétitives

Sur l’espace dédié aux start-up du vin et au numérique au salon des vins de Loire, 17 d’entre elles sont venues « pitcher » (présenter en quelques minutes) leurs innovations. La plupart d’entre elles visent à faire gagner du temps aux vignerons en les déchargeant de tâches de gestion répétitives : tâches de facturation, transport, de recherches de clients et de taux de TVA, etc. 

Ainsi, Vinosoft a été créée en janvier 2017, et propose des logiciels pour l’apport des récoltes en raisin, la mise en bouteilles, les déclarations aux douanes, le suivi des stocks de vin, les tarifs des transporteurs…

Wine founding, start-up constituée en mai 2016 par un ingénieur agronome, Maxime Debure, permet à des particuliers d'investir dans des projets viticoles comme des conversions en biodynamie ou la rénovation d’un chais. 

Actiwine est une place de marché en ligne qui apporte à quelque 250 vignerons de 150 appellations l’accès à 280 restaurants et hôtels ainsi qu’à 250 hypermarchés. Actiwine réalise l’essentiel de la transaction : la mise en relation (qui suppose la sélection des vins pour les acheteurs et le feu vert du vigneron pour la vente), le transport (via des prestataires) et la facturation.