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Franchise Salpa : nouvelles ambitions pour Yves Thuriès et Cofféa

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Le chocolatier Yves Thuriès, qui vient d’acheter Maiffret, vise les 100 boutiques et une production 100 % intégrée grâce au domaine équatorien acquis par sa maison-mère. Quant à l’enseigne Cofféa, elle s’affirme davantage comme un spécialiste du café. Autant de changements conduits par le p.-d.g. et actionnaire du groupe Salpa Jean-Paul Burrus.

Salpa, le groupe franco-suisse plus connu à travers des noms tels que Côte de France, Yves Thuriès, Cofféa ou Marquise de Sévigné, fait parler de lui. Son propriétaire et p.-d.g. Jean-Paul Burrus vient de faire l’acquisition du chocolatier Maiffret (six boutiques et un atelier en région parisienne) par l’intermédiaire d’Yves Thuriès. « Nous investissons 5 millions d’euros dans un plan de développement qui inclut l’acquisition de nouvelles boutiques et l’évolution du parc existant », explique Jean-Paul Burrus. « Dans quatre ans, le réseau comptera 100 boutiques en France, dont 70 % en franchise comme aujourd’hui, et atteindra un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros par an, contre 15 millions d’euros en 2016 », poursuit le p.-d.g. Le financement a été en partie mobilisé via la plate-forme participative Lendix : 350 000 euros ont ainsi été empruntés avec un remboursement sur 36 mois au taux de 8 %. Pour y arriver, Yves Thuriès va affirmer son positionnement haut de gamme (autour de 90 euros/kg de chocolat) en revendiquant sa signature « chocolatier récoltant ». En effet, Salpa investit dans l’amont. « En 2014, nous avons acquis un domaine en Équateur qui permet de sécuriser nos approvisionnements », explique le p.-d.g.. Les 70 ha de cacaoyers produisent 600 tonnes par an, et à terme le domaine produira les 1 000 tonnes dont le groupe Salpa a besoin pour assurer son autosuffisance en matière première. Une stratégie similaire a été adoptée par d’autres chocolatiers comme le français Daniel Mercier, afin de se mettre à l’abri de la volatilité des cours mondiaux. Jean-Paul Burrus estime qu’Yves Thuriès a tous les atouts pour réussir, y compris à l’international. Aux Etats-Unis, la marque arrive à écouler pour 2,5 millions d’euros de marchandise, sans boutique mais en passant par des revendeurs.

L’autre enseigne qui fait l’actualité au sein de Salpa, c’est Cofféa. Le réseau de 61 boutiques de café, thé, chocolat et confiserie va se recentrer sur le café en profitant de l’essor des capsules compatibles Nespresso et plus généralement de l’intérêt des consommateurs pour le café. Cinq boutiques ont été refaites avec une nouvelle identité (les « torréfacteurs passionnés »), de nouveaux aménagements, notamment les mini-torréfacteurs d’une capacité de 2 kg, permettant de torréfier presque à la demande. En 2017, le chiffre d’affaires du réseau, soit 9 millions d’euros en 2016, devrait croître de 10 à 15 %. « Nous allons ouvrir une dizaine de boutiques par an, en franchise en succursale, afin de compléter le maillage du territoire », explique Jean-Paul Burrus, alors que les points de ventes sont surtout présents dans le quart nord-ouest du pays.

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Le groupe Salpa a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros, stable par rapport à 2015. « Les ventes de fin d’année ont été difficiles en France, et les touristes moins nombreux », souligne le p.-d.g. Le groupe confectionne ses chocolats et les distribue via ses propres réseaux ou via les détaillants. Si l’essentiel de l’activité est réalisé en France, où Salpa investit régulièrement (12 millions d’euros en 2016 dans une plate-forme logistique à Strasbourg sur le site de Schaal), une partie du chiffre d’affaires est réalisé à l’international, notamment en Suisse où est implanté Omnia, la holding de tête de la famille Burrus.