Chaque année, 60 0000 hectares de terres arables sont rendues « artificielles » par l’urbanisation. Une réalité qui rend surréaliste le débat sur le nombre d’hectares consacrés au non-alimentaire. On sait en effet qu’il faudra prendre environ un million d’hectares (en plus de la jachère) pour atteindre l’objectif de 7 % d’incorporation de biocarburants. Soit l’équivalent d’un peu plus d’une dizaine d’années d’urbanisation de sols agricoles. Et de toute façon, ces hectares seront sans doute pris sur des surfaces aujourd’hui consacrées à l’exportation. Une exportation qui pourrait se réduire car l’Union européenne ne veut plus la subventionner.
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Le vrai problème est en fait celui des hectares que l’agriculture perd chaque année. Des surfaces recouvertes de macadam, d’immeubles ou de gazons. Des zones dont la plupart sont imperméabilisées, créant des problèmes environnementaux graves et un univers défavorable à la biodiversité. S’il y a une action à mener, d’emblée favorable à l’environnement, c’est celle qui peut freiner cette réduction de la surface agricole. Ne faudrait-il pas créer, au niveau national, un Conservatoire des terres agricoles, semblable à ce qui existe pour le littoral. Les Safer auraient pu jouer, localement, ce rôle. Mais elles n’y sont pas parvenues, sans doute parce qu’elles étaient trop soumises aux pressions locales toujours sensibles aux désirs d’extension des villes ou d’implantation de périphéries commerciales. La terre agricole doit, d’une certaine manière, être « sanctuarisée. » Cela peut aller dans le sens de l’histoire : l’équipement commercial français est quasi saturé en grandes surfaces et l’industrie est beaucoup moins en développement que naguère.