Même si les ruminants ne produisent que 2 à 3 % de la totalité des gaz à effet de serre dans le monde, comme il le rappelle, le groupe Glon met aujourd’hui en avant un aliment de sa gamme qui permet de réduire de 40 % les émissions digestives de méthane des bovins. Malgré un surcoût à l’achat, l’éleveur s’y retrouve, notamment grâce à une production laitière accrue.
Réduire les gaz à effet de serre émis par les vaches, c’est possible ! Le groupe Glon, acteur important de la nutrition animale en France avec sa marque Sanders, déclare aujourd’hui savoir le faire, grâce à de nouvelles formulations. Il n’est certes pas le seul fabricant à proposer cet avantage dans ses aliments composés, mais il est le seul à communiquer ouvertement sur le sujet. « L’élevage est beaucoup trop décrié à l’heure actuelle pour sa contribution au réchauffement à l’effet de serre. Or, les ruminants ne contribuent qu’à 15 à 20 % de la production mondiale de méthane dans le monde, soit 2 à 3 % de la totalité des gaz à effet de serre », a souligné le 19 juin Jean-Philippe Rousseau, responsable Sanders ruminants. « Nous ne pouvions pas rester insensibles aux accusations malveillantes et nous avons souhaité réagir », a expliqué pour sa part Bernard Mahé, directeur de Sanders France.
Des acides insaturés
Contrairement aux idées reçues, « les vaches ne pètent pas du méthane. Elles le rotent toutes les minutes », rappelle au préalable Jean-Philippe Rousseau lors d’une explication scientifique sur les progrès techniques Sanders. Des études menées au centre de recherche de Sourches (Sarthe) ont permis d’arriver à des réductions de rejets digestifs de méthane de plus de 40 % soit un gain de 82 000 tonnes /an ! Mais la découverte ne date pas réellement d’hier. En 2004/2005, Sanders avait mis au point une formulation pour une ration permettant d’obtenir un lait moins riche en matières grasses et contenant davantage d’acides gras favorables à la santé du consommateur (acides gras insaturés et poly-insaturés). Les investigations effectuées ont alors conduit à découvrir que cette amélioration était liée à une diminution de la production de méthane au niveau du rumen. Le secret : des matières grasses spécifiques, de type insaturées, issues principalement de colza, soja, lin ou tournesol, qui régulent directement les populations de micro-organismes responsables de la production de méthane dans le rumen.
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« Un surcoût neutralisé »
Ainsi, des expériences menées récemment à Sourches ont montré que pour chaque litre de lait produit, les rejets digestifs de méthane étaient de 11g contre 19 g avec une alimentation classique. A l’échelle de l’exploitation, en tenant compte notamment de la production supplémentaire de lait et de céréales que permet directement et indirectement d’obtenir la ration avec les acides gras insaturés, la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’élevage test à Sourches est supérieure à 25 %. Mais l’utilisation de cet aliment apparemment miracle a bien sûr un coût, supérieur à la ration traditionnelle. Jean-Philippe Rousseau estime que le surcoût de l’éleveur à l’achat est de l’ordre de 10 %, soit 5 euros par millilitre de lait. « Mais l’utilisation de ce produit permet d’augmenter la production laitière de 3 %, ce qui conduit à une totale neutralisation du surcoût engendré par son achat », assure Jean-Phillipe Rousseau.