Petit à petit l’oiseau fait son nid. 500 ha de maïs OGM en France en 2005. 5000 ha estimés en 2006. C’est l’AGPM qui l’annonce et s’en réjouit si l’on juge par l’activisme de l’association à faire passer le message auprès de la presse.
Aujourd’hui, grâce à l’AGPM, les agriculteurs français producteurs d’OGM ne se cachent plus. Le syndicat fait donc la promotion des OGM sans complexe alors que la FNSEA, la « maison-mère », est toujours sur un registre de relative prudence. Son dernier communiqué de février 2006 réclame un cadre juridique clair pour les producteurs qui permettrait « tout à la fois de respecter leurs choix et ceux des consommateurs ».
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Et certains de s’interroger sur cette communication orchestrée par l’AGPM. N’est-ce pas un jeu risqué pour un syndicat agricole qui par définition doit défendre l’intérêt des seuls agriculteurs ? L’AGPM ne met-elle pas la charrue avant les bœufs en assurant que son protocole de mise culture est la solution aux problèmes de coexistences avant même que la loi en question soit promulguée ? En focalisant son message sur le retour sur investissement de ces cultures pour les paysans, l’AGPM ne joue-t-elle pas les candides ? Le bon sens paysan voudrait que les chercheurs cherchent, les politiques décident et les agriculteurs appliquent en toute connaissance de cause. « Dans le doute, abstiens-toi », dit le proverbe mais que faire face à tant de certitudes ? Et les leçons du passé, hélas riches en crises sanitaires, sont très vite oubliées.