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Florent Moreau, président de l’interprofession horticole Valhor « Sans dynamique de la demande, pas de reconquête durable »

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Valhor a remis à la ministre de l’Agriculture son plan de souveraineté pour la filière horticole française. Son président, Florent Moreau, fait le point sur les principaux enjeux de la profession : développement des ventes, Origine France, structuration de la filière

Espérer une fleur sur cinq d’origine française d’ici à 2030 est-il un objectif atteignable à vos yeux ?

Oui, c’est notre ambition. Pour atteindre cet objectif, nous souhaitons combiner deux leviers complémentaires. D’une part, promouvoir les fleurs coupées et feuillages frais auprès des consommateurs, afin de maintenir et développer l’acte d’achat. Nous devons parvenir à l’ancrer plus régulièrement dans les habitudes, notamment chez les jeunes générations. La dynamique de la demande est une condition essentielle : sans consommation, il ne peut y avoir de reconquête durable.

D’autre part, face à cette stimulation du marché national, il nous revient de permettre à la fleur « origine France » de gagner en part de marché. Nous évoluons dans un contexte de forte concurrence internationale, avec des consommateurs de plus en plus attentifs à l’origine et à la durabilité des produits. Dans ce cadre, Valhor considère le renforcement de l’usage et de la visibilité du label Fleurs de France comme un enjeu stratégique majeur.

Comment rendre ce label, reconnu par les clients et les professionnels, plus visible ?

Nous souhaitons simplifier et clarifier les modalités d’utilisation de ce label pour l’ensemble des acteurs de la filière fleurs coupées, producteurs, grossistes, fleuristes, ou encore jardineries. Ceci afin d’en faciliter la diffusion dans les points de vente et d’accroître sa reconnaissance auprès du grand public. Afin de susciter l’engouement et motiver l’acte d’achat, nos clients doivent pouvoir identifier les produits français et avoir à leur disposition une offre étendue. Une campagne de communication dédiée sera déployée, avec un triple objectif : rendre la fleur française plus visible, plus lisible et plus identifiable.

Quels sont les « débouchés à fort potentiel », évoqués dans le plan de souveraineté ?

Tout d’abord, les fleurs de saison. Elles représentent un débouché particulièrement intéressant pour renforcer le positionnement de la fleur française. Nous sommes déjà collectivement bien engagés sur ce segment, et comme je l’évoquais, il correspond à une évolution d’une partie de la demande.

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Par ailleurs, les productions de fleurs et de feuillages frais constituent également un vrai levier de développement. Leurs itinéraires techniques peuvent être relativement accessibles et partagés avec d’autres chefs d’entreprises agricoles. Je pense, par exemple, à des maraîchers en quête de diversification. Cela ouvre des perspectives concrètes pour accroître la production nationale.

Une des pistes évoquées est le développement d’OP. Dans une filière relativement individualiste, quels leviers mettre en œuvre pour cela ?

Le qualificatif « individualiste » me paraît excessif. J’ai le sentiment que la concertation que nous avons menée, avec un grand nombre de professionnels bénévoles issus de tous les métiers, a démontré une réelle volonté collective d’avancer et de construire des solutions opérationnelles.

L’amont comme l’aval ont exprimé unanimement la nécessité de favoriser la structuration d’organisations de producteurs lorsque cela est possible. Cette structuration permet de mutualiser des moyens, d’accéder aux programmes opérationnels de la Pac pour financer des investissements à l’image de la modernisation des outils de production, ou encore des équipements. Et ainsi de gagner en compétitivité, en « effet volume », et d’optimiser le service logistique vers l’aval.

Concrètement, plusieurs autres leviers peuvent être activés : l’organisation d’ateliers régionaux d’information et de mobilisation, la diffusion d’un guide méthodologique, la mise en place de sessions d’appui personnalisées, ainsi qu’un dispositif de suivi post-création. L’enjeu est d’accompagner, très concrètement, celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette dynamique.

Faciliter l’usage du label « Fleurs de France » pour motiver l’acte d’achat