Interrogée par Agra Presse sur la fiabilité de la notation de santé des sols récemment présentée par la start-up Greenback, la directrice scientifique adjointe à l'environnement de l'Inrae, Chantal Gascuel, estime que cette offre répond à «une demande sociétale», mais qu'elle fait «des raccourcis et fait fi d'une certaine complexité des sols». Greenback propose un indicateur général de santé du sol, composé de trois sous-indicateurs (biodiversité, stock de carbone, absence de pollution/érosion), basé sur des prélèvements, observations satellites et modèles.
Pour l'Inrae, les recherches sur la qualité des sols sont encore en cours: «On sait aujourd'hui qualifier les propriétés des sols, mais les recherches sont en cours pour qualifier les fonctions qu’ils remplissent, les services qu’ils peuvent apporter à la société, comme l’atténuation du changement climatique par le stockage du carbone, ou la régulation de l'eau.»
D'autre part, le choix d'un nombre limité d'indicateurs est «réducteur et arbitraire»: «six ou sept indicateurs, couvrant bien les diverses fonctions des sols, avec un degré d'incertitude associé, répondraient mieux à la demande. C'est une première étape qui devrait être présentée comme telle.» Elle rappelle enfin qu'«à l'échelle d'une parcelle, les estimations sont encore très incertaines», et qu'un «grand chantier est en cours pour aller plus en finesse d'échelle».
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