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Santé mentale des agriculteurs : la MSA lance plusieurs projets de recherche

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La Mutualité sociale agricole (MSA) va consacrer 500 000 euros à sept projets de recherche scientifique. Le but : mieux comprendre la santé mentale et les raisons du suicide en agriculture.

Une enveloppe de 500 000 euros. C’est le montant total que la Mutualité sociale agricole (MSA) va consacrer à sept projets de recherche scientifique, selon un communiqué diffusé le 21 décembre. Ils ont été sélectionnés par le conseil scientifique de la MSA dans le cadre de son premier appel à projets scientifiques « AAP MSA 2020 ». Parmi eux, deux portent sur le suicide et deux autres sur la santé mentale en agriculture.

La première étude (projet Mosa), menée par l’Université de Franche-Comté, se focalise sur la surmortalité par suicide des agriculteurs de 25 à 39 ans et de plus de 65 ans. Les chercheurs comptent « faire le lien entre les travaux sur le suicide et ceux qui portent sur la famille, le travail et l’école », indique une présentation en ligne sur le site internet de la MSA. Ils analyseront deux hypothèses en particulier : le « décalage existant » entre les représentations du métier et la réalité vécue par les jeunes installés, et l’angoisse générée par l’absence de successeur familial.

La deuxième étude (projet Stop), coordonnée par le CNRS, vise à mieux comprendre les facteurs de risque suicidaire chez les exploitants et les travailleurs agricoles. Les scientifiques croiseront plusieurs bases de données (cotisants MSA, affections longues durées, dépenses de soins de santé) pour décrire les caractéristiques de la dépression, considérée prédicteur de risque.

Transition agroécologique et santé mentale

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Les troisième et quatrième projets (Mentagro et TraSAD) explorent l’impact de la transition agroécologique sur la santé mentale. Mentagro, conduit par l’Université de Toulouse 3, porte sur les agriculteurs spécialisés en productions végétales à des stades différents de transition agroécologique. L’objectif est de savoir si cette transition « détériore ou pas » la santé mentale des exploitants, d’identifier des « stratégies collectives » qui peuvent l’améliorer, et de créer un outil de diagnostic de santé mentale. Quant au projet TraSAD, mené par l’Université de Bordeaux, il élargit le champ d’investigation aux travailleurs agricoles et s’intéresse notamment au secteur vitivinicole en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Grand Est.

Enfin, les trois autres projets de recherche, soutenus par la MSA via une convention de subvention, concernent la santé mentale des éleveurs liés aux abattoirs coopératifs, l’efficacité du conseil prévention et le « climat de sécurité » en viticulture.

« L’impact de la transition agroécologique sur la santé mentale »