L'abattoir de canards Sapod a été cédé par Gastronome à la holding Kéléos, créée par un ancien cadre du secteur, épaulé par des investisseurs. Visant des marchés de « niche », les repreneurs tablent sur la rentabilité dès 2005.
La société Sapod, implantée à Grand-Champ dans le Morbihan, a été cédée, le 31 décembre dernier, comme prévu Agra Industrie n°39 du 13 novembre 2003, par le groupe Gastronome à la holding Kéléos. Créée à l'occasion du rachat, cette structure est présidée par Pierre Leroux, ancien directeur de Sabco, branche d'Unicopa spécialisée dans l'exportation de poulets, auquel sont associés des partenaires du milieu financier. Le montant de la transaction n'a pas été révélé. Gastronome avait souhaité se désengager de l'abattoir en raison des difficultés du marché du canard. Le groupe, qui a achevé la reconstruction de son usine de Nueil-les-Aubiers, dans les Deux-Sèvres, détruite par un incendie en avril 2003, se trouvait confronté aussi à des surcapacités de production.
Sous la houlette de ses repreneurs, Sapod, qui a compté jusqu'à 140 salariés, a redémarré son activité avec plus d'une soixantaine de personnes. Fin 2003, elle employait encore quelque 90 personnes pour traiter 40 000 canards par semaine, volume ramené désormais à 25 000 têtes. Dans le contrat de cession ont été prévus des accords de sous-traitance avec Gastronome, pour une période que Sapod se refuse à préciser mais qui correspondra, affirme Pierre Leroux, « au délai nécessaire pour que se constituent nos approvisionnements en canards vifs ».
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Un positionnement de « niche »
Avec le maintien en activité de l'entreprise, le nombre d’acteurs sur le marché ne se réduit pas. Bien au contraire, un nouveau concurrent apparaît, qui conserve la marque Sapod et continue d'être présent dans tous les circuits, à l'exception de la grande distribution. Pierre Leroux entend toutefois infléchir la stratégie poursuivie par Gastronome. Depuis janvier, l’usine développe une activité de découpe de dindes, « un moyen d’absorber les coûts fixes», indique son p.-d.g.
Pour s’imposer sur un marché difficile, le point fort de sa stratégie sera « “contracyclique”, avec un positionnement de niche ». Pierre Leroux, qui vise la rentabilité dès 2005, entend faire de la Sapod un fournisseur dont la petite taille doit être la garantie de sa réactivité. Une cellule de recherche et développement a été mise en place et des produits que l’entreprise promet innovants devraient être lancés à l'été prochain.