La réussite d’une exportation dans les pays de l’Asean passe principalement par l’association à une entreprise locale. C’est ce qui ressort d’une rencontre intitulée Cap Agro Asean organisée par Business France et Agra Presse (1).
Bientôt se formera le marché commun des pays membres de l’Asean, l’accord économique des pays d’Asie du Sud Est qui doit franchir une nouvelle et majeure étape le 31 décembre en commençant à constituer une zone de libre échange. Comment les entreprises agricoles et d’agroalimentaire peuvent-elles profiter de ce grand marché pour y exporter ou s’y implanter ? Principalement en s’associant à un opérateur local et/ou en se réunissant pour y être plus fort. D’autant que les barrières douanières non tarifaires y sont souvent importantes. Telle est la conclusion principale d’une rencontre dénommée Cap Agro Asean, organisée par Business France et Agra Presse le 4 décembre. Philippe Varin, président d’Areva mais aussi représentant de Laurent Fabius dans la région, y insistait sur cette nécessité de se regrouper entre PME pour profiter de ces marchés méconnus où la France a une image de marque de grande qualité.
L’importance de la certification Hallal
Des pays comme l’Indonésie, qui compte pas moins de 250 millions d’habitants, comme la Malaisie, 30 millions d’habitants, à condition que les entreprises acceptent la certification Hallal, peuvent devenir des pôles de développement importants pour les produits alimentaires français. Singapour, pour sa part, constitue une zone de réexportation importante vers l’ensemble des pays de la région. Le Vietnam et le Cambodge sont des pays en partie francophone.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La conférence a permis de percevoir que des importateurs de la région se tournaient vers l’Europe. C’est notamment le cas de la société Indoguna Utama, dont la représentante se disait étonnée et intéressée par le fait que les produits français « ne sont pas plus chers que chez d’autres pays fournisseurs ».
Très attirés par la Chine, les entrepreneurs français ont peut-être oublié qu’au sud de ce pays se situe cette zone de plus de 600 millions d’habitants, en pleine évolution, avec des classes moyennes qui se développent et qui veulent consommer alors que leurs ressources alimentaires locales sont insuffisantes. Venu en expliquer l’économie, le professeur Paul Teng, éminent économiste de la région, insistait sur l’insuffisance des terres agricoles de ces pays et le besoin constant d’importer une grande part de l’alimentation.
(1) L'ASEAN a été fondée par cinq États, principalement de l'Asie du Sud-Est maritime : Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour, et Thaïlande. Le Brunei les rejoint 6 jours après son indépendance du Royaume-Uni le 8 janvier 1984. Le Viêt Nam entre en 1995, suivi du Laos et de la Birmanie (actuel Myanmar) le 23 juillet 1997 et du Cambodge le 30 avril 1999.