Les dirigeants de la chaîne agroalimentaire de l’UE ont applaudi la signature, le 17 juillet à Tokyo, de l’accord de partenariat économique UE-Japon, lequel, espèrent-ils, devrait créer des opportunités significatives pour les exportations européennes de produits agricoles, d’aliments et de boissons.
FoodDrinkEurope, Copa-Cogeca et Celcaa (comité européen de liaison du commerce agroalimentaire) se félicitent de la signature de l’accord de partenariat économique UE-Japon (APE), qui a eu lieu pendant le sommet UE-Japon, le 17 juillet à Tokyo. Dans un communiqué commun, les trois partenaires de la chaîne agroalimentaire de l’UE considèrent cet accord comme « une étape importante vers le renforcement des relations avec l’un de nos principaux partenaires commerciaux, sur la base d’un engagement commun en faveur d’une libéralisation progressive du commerce fondée sur des règles et d’une coopération pour obtenir des avantages mutuels ». Les trois organisations européennes considèrent que la signature d’un tel accord s’accompagne d’attentes élevées, à la fois en termes de réductions tarifaires et de suppression des barrières non tarifaires au commerce, qui devraient créer des opportunités significatives pour les exportations européennes de produits agricoles, d’aliments et de boissons. L’accord commercial avec Tokyo revêt, selon elles, une importance stratégique car celui-ci devrait être en mesure de renforcer la position concurrentielle du secteur dans cette région dynamique et en pleine croissance de l’Asie-Pacifique. Outre les efforts positifs de diplomatie commerciale de l’UE en Asie, cet accord, disent ces organisations, « complétera le tableau des accords commerciaux négociés par l’UE avec succès dans la région, tels que l’accord de libre échange avec la Corée du Sud et les accords à venir avec Singapour et le Vietnam ». Les trois signataires du communiqué affirment « qu’il est à présent essentiel qu’après la signature de l’accord de partenariat UE-Japon, le Parlement européen soutienne la ratification rapide et réussie de l’accord ».
Fromages contre voitures
Au-delà des applaudissements de l’industrie agroalimentaire européenne, certains commentateurs européens – en particulier dans le secteur automobile – estiment que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Japon aurait fait la part belle au partenaire nippon dans la mesure où il aurait été négocié de manière trop rapide. Dans sept ans, avertissent-ils, les droits de douane sur les importations de voitures japonaises en Europe seront levés, laissant l’industrie automobile européenne en face d’une concurrence nippone accrue. En échange, l’UE pourra vendre plus de produits agroalimentaires au Japon. L’accord UE/Japon ouvre en effet le marché japonais aux produits agricoles européens suite à la disparition progressive des taxes, principalement sur le fromage (30 %), le bœuf (38,5 %), le chocolat (30 %) et le vin (15 %). Le riz, produit symbole, en est exclu de même que le sucre. Ce qui est un peu "mince" selon ces commentateurs, vu l’intérêt relativement faible des Japonais, notamment pour les fromages européens qui interviennent très peu dans leur régime alimentaire.
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Le Japon, 5e marché d’exportation de l’UE
Avec 6,4 milliards d’euros en 2017, le Japon est le cinquième marché d’exportation agroalimentaire de l’UE et l’analyse d’impact réalisée en 2016 sur cet accord a souligné que le secteur agroalimentaire de l’UE dans son ensemble bénéficiera de l’accord de libre-échange UE-Japon. Selon des estimations plus récentes de la Commission européenne, les exportations de produits alimentaires transformés vers le Japon pourraient augmenter jusqu’à 180 %.