La coopérative maraîchère bretonne Savéol dévoile un plan de développement et de croissance important pour les sept années à venir. Objectif : 220 M€ de chiffre d’affaires à l’horizon 2025. Cela s’accompagne d’investissements conséquents dans l’extension le réaménagement du site de production de Plougastel-Daoulas et l'extension de celui de Guipavas.
Réunie lors de son assemblée générale annuelle, qui s’est tenue à Plougastel-Daoulas le 19 avril dernier, la coopérative maraîchère bretonne Savéol a fait part à ses 110 adhérents de son bilan et de ses ambitieux projets de développements. Ainsi, la campagne de récolte de tomates et de fraises 2017 a été étale par rapport à 2016, avec 79 000 tonnes de tomates, 2 100 tonnes de fraises et 55 tonnes de productions diverses (poivrons, salicornes, concombres). « Pour 2018, nous partons déjà sur une production à la hausse de 4 % de tomates et 19 % de fraises », indique Guillaume Kerjean, vice-président de la coopérative en charge du commerce. « Le contexte a été particulièrement défavorable au second semestre 2017, mais nous sommes optimistes et volontaires », assure Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative. En effet, la GMS qui pèse pour 60 % du circuit de distribution a subi une érosion de ses ventes en faveur des marchés des primeurs et des indépendants « La consommation de fruits et légumes va continuer de croître, j’en suis convaincu. A nous d’expliquer que nous produisons mieux et bien », reprend le président. « Et ce changement de comportement d’achat nous amène à créer une offre alternative, entre le bio et le conventionnel avec la gamme de tomates sans pesticides, lancée en 2018. »
32 % de croissance sur huit ans
La croissance de la coopérative est continue. Le chiffre d’affaires 2017 s’élève ainsi à 188 M€, soit une augmentation de 32 % sur ces huit dernières années. « Nous ambitionnons d’atteindre 220 M€ de CA en 2025 et 100 000 tonnes de production de fruits et légumes », commente Hélène Guido-Halphen, directrice générale. Ce qui représenterait une croissance de 3 % par an dans les sept prochaines années. « Pour cela, nous espérons développer les nouvelles cultures, qui représentent moins de 1 % de notre activité aujourd’hui, pour arriver à 5 % de notre CA en 2025. » L’export qui pèse pour 10 % des ventes reste encore à reconquérir notamment en Allemagne, Espagne et Grande-Bretagne. « En Allemagne, de nouvelles gammes s’étoffent dans le discount et le haut de gamme », précise Pierre-Yves Jestin. Pour aboutir à ce programme ambitieux, la coopérative investit dans l’innovation, avec de nouveaux projets concernant les produits entre autres, comme le lancement de la gamme de fraises « Label Rouge » en 2018. De l’innovation également autour de la réduction des emballages, second poste en matière de charge au sein de la coopérative qui a vu le coût des matières premières cartonnées croître de 30 % entre janvier 2017 et janvier 2018.
Plus de 10 M€ d’investissement prévus en 2019
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un investissement massif est aussi prévu afin d’agrandir le site de production de Guipavas. Une enveloppe d’au moins 10 M€ sera consacrée à la construction d’un nouveau bâtiment de 13 000 m2 portant la surface totale du site à 39 000 m2. « Il s’agit pour nous d’adapter l’outil à nos perspectives de développement car nous sommes déjà à saturation », indique de son côté Philippe Léon, secrétaire de la coopérative. Le bâtiment devrait être livré au second trimestre 2019. « La partie process suivra à l’inter-saison. Nous allons devoir réorganiser complètement les lignes de production et de conditionnement », rappelle Pierre-Yves Jestin. Une partie de l’activité de Plougastel-Daoulas y sera transférée permettant ainsi de réorganiser également ce site. La coopérative emploie 325 personnes équivalent temps plein dont 133 permanents et 339 saisonniers. Elle a créé 13 emplois en CDI en 2017.
Engagés dans la transition énergétique
Du chauffage dans des serres et des tomates toute l’année. Une aberration écologique ? Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative maraîchère bretonne Savéol s'en défend. « Pour produire sans pesticide, il nous faut chauffer les serres. Nous sommes engagés dans la transition énergétique avec un programme d’économie d’énergie en serre et d’énergie renouvelable. » Des efforts considérables qui ont permis de réduire de 40 % les consommations d’énergies entre 2004 et 2014. Aujourd’hui, 18 % des besoins thermiques sont couverts par les énergies renouvelables et 35 % par la cogénération au gaz naturel. « Quant aux tomates fraîches toute l’année, il s’agit pour nous de répondre à une demande. Si le consommateur veut de la tomate en hiver, les distributeurs vont alors en importer massivement. Il est important pour nous de garder notre place dans les rayons de la GMS », conclut-il.