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Pâtisserie industrielle / Résultats Saveurs de France–Brossard passe à l’offensive

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Saveurs de France - Brossard a enregistré une forte amélioration de son résultat net qui a atteint 4,465 M EUR au cours du semestre écoulé, en amélioration de 153 %. Dans un environnement commercial jugé « morose », le groupe a mené à bien l’extension des sites de Pithiviers et de Castelsarrasin. Les perspectives du groupe au deuxième semestre seront marquées par le redéploiement de la marque Brossard : les investissements publicitaires seront en augmentation de 3 millions d’euros.

En pleine forme, Saveurs de France–Brossard, spécialiste de produits surgelés et de pâtisserie industrielle, en profite pour faire de 2005 l’année des investissements industriels et du déploiement commercial. Le groupe a en effet réalisé au premier semestre de 2005 un bénéfice net de 4,46 millions d’euros, en hausse de 153 % par rapport à la même période de 2004. Son chiffre d’affaires, à 51,4 M EUR, a par contre connu un recul de 8 % par rapport aux 55,6 M EUR du premier semestre de 2004. Le résultat opérationnel ressort quant à lui à 4,55 M EUR, en forte progression par rapport à 2004 (1,76 M EUR). Le groupe anticipe un chiffre d’affaires de 111 millions d’euros sur l’exercice 2005 et une croissance organique significative en 2006. Il vise un résultat net supérieur à 7 % du chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice, contre 8,7% au premier semestre.

15 M EUR d’investissements industriels

« Pour survivre, il est crucial d’avoir des marques fortes, explique Guy Schumacher, p.d.-g. du groupe. En 2005, nous mettons en place une stratégie offensive en renforçant à la fois la publicité, la promotion et le sponsoring, mais également notre outil industriel pour sortir des nouveaux produits aux meilleurs coûts et avec la meilleure productivité». Cette année, son groupe a ainsi investi 15 M EUR dans l’extension de ses sites de Pithiviers, spécialisé dans les produits d’épicerie, et de Castelsarrasin, spécialisé dans les produits de dessert. Les coûts spécifiques d’ouverture et de démarrage du site de Castelsarrasin au troisième trimestre sont conformes aux prévisions, à 1 M EUR. En 2006, aucun investissement supplémentaire n’est prévu, tous les sites du groupe ayant été rénovés et possédant du potentiel de production. En parallèle, le groupe a donc fortement augmenté ses investissements publicitaires. Le budget est en augmentation de 3 millions d’euros cette année par rapport à 2004. « Il est important de nous repositionner sur le marché et de rappeler aux consommateurs la force de la marque », a insisté Guy Schumacher. Le groupe vise un résultat net supérieur à 7% du chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice, contre 8,7% au premier semestre.

Fabricant de MDD, le groupe profite de la conjoncture

Sur un marché de la pâtisserie longue durée de vie en récession à 354 389 tonnes (- 2,9 %) pour un chiffre d’affaire de 249 M EUR (- 4,1 %), la marque Brossard est numéro deux, derrière LU, avec une part de marché de 31,1 % (+ 0,3 pt). Comme tous les produits d’épicerie, le marché souffre de la montée des marques de distributeur et du hard-discount qui écoule aujourd’hui 22,9 % des volumes (+ 2,6 points). Sur le segment plus particulier des adolescents, qui brasse un chiffre d’affaires de 28,3 M EUR (- 2,8 %), Brossard recule de 4,3 %, pour une part de marché de 62 %, au profit des MDD. « C’est un marché mature ; depuis 4 ans les distributeurs proposent des références, explique Frédéric Thys, directeur général du groupe. Or nous sommes fabricants de MDD, il s’agit donc d’un simple transfert de volumes ». Sur ce segment, la marque Brossard domine largement, face à LU (18 % de part de marché, -50 %) qui commence à s’en désengager et à multiplier les déférencements.

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Lancement de pains d’épice

Saveurs de France – Brossard bénéficie également d’une bonne dynamique sur le segment des adultes (95 M EUR, + 1,5 %), grâce au lancement en avril dernier d’une gamme Weight Watchers, concurrençant Taillefine. Sur ce segment « minceur », très porteur, qui représente un chiffre d’affaires de 15,3 M EUR (+ 14 %), Brossard représente déjà 35,3 % du marché derrière LU, avec Taillefine, qui pèse encore 62 % des ventes. « Notre objectif est d’atteindre une part de marché supérieure à 40 %, et ce avec moins de références que Taillefine », promet Frédéric Thys. Sur les cakes adultes (35 M EUR de CA, + 4,5 %), Brossard domine avec une part de marché de 50,8 % mais, avec une croissance de + 2,1 %, commence à se faire rattraper par LU, encore largement derrière (18 % du marché, + 44,5 %). Cette année, la marque Brossard se positionne également sur le créneau des pains d’épice, d’où il était absent jusqu’ici.

Investir les réseaux spécialisés et la « boul. - pât. »

Autre marché investi par le groupe : les surgelés. La pâtisserie du rayon régresse aussi bien en volume (3 196 tonnes, - 6,5 %) qu’en valeur (31,9 M EUR, - 6 %). Avec deux marques, Brossard (- 11 %) et Lenôtre (+ 10 %), le groupe domine les marques nationales, Pasquier et Pilpa, mais régresse quelque peu (- 3 % au global) et se situe derrière les MDD. « Notre stratégie est d’aller vers la valorisation des recettes, explique Frédéric Thys. C’est un marché très concurrencé par le rayon boulangerie / pâtisserie de la GMS ». Sur ce créneau, l’objectif du groupe est donc de lancer de nouveaux produits, grâce au renforcement de l’équipe de R&D, en profitant des investissements publicitaires et industriels. Le groupe envisage également d’aller sur les segments de marché sur lesquels il est absent, comme les réseaux spécialisés et les rayons boulangerie/pâtisserie de la GMS.

« Organiser les conditions de la concurrence »

En surgelés salés, le groupe est positionné sur les marchés des pizzas et des petits fours d’apéritifs. Sur le premier segment, le groupe est spécialisé sur un des seuls segments en croissance : les pizzas au feu de bois (6 614 tonnes, + 16 %, et 42,8 M EUR, + 5,7 %), avec la marque Manosque, produite par la société Sigal. Manosque est la première des marques nationales sur un rayon largement dominé par les marques de distributeur (76,2 %, + 35,4 %). Sur le marché des petits fours apéritifs, de 26,4 M EUR (-3,5 %), Brossard est par contre archi leader devant les MDD, qu’il fabrique en grande partie. Au total, MDD fabriquées par le groupe comprises, Brossard représente 86 % du marché. « En tant que fabricants de MDD et de marques nationales, nous organisons les conditions de notre propre concurrence, ce qui est sain,explique Guy Schumacher aux investisseurs, inquiets de la montée des marques d’enseignes. Cela nous permet de maîtriser l’offre MDD et la différence avec nos produits». Le groupe accepte donc de participer à leur développement, à la conditions que ces MDD viennent en facial et en complément de ses propres gammes. « Les marques nationales restent plus rentables que les MDD pour les distributeurs, a ajouté quant à lui Frédéric Thys. Les marges sont bien supérieures ! ».