Revendeur d’une partie des activités de sa filiale Pikiche, le spécialiste de produits à base de pâte est tombé dans le rouge en 2003 en raison de charges exceptionnelles liées à la cession. Il souligne toutefois l’amélioration de tous ses soldes intermédiaires de gestion.
La société Saveurs de France-Brossard affiche pour 2003 un résultat net déficitaire de 12,7 millions d’euros après avoir enregistré un an plus tôt un bénéfice de 1,7 million. Des événements exceptionnels se sont greffés sur l’activité, qui pèsent lourd sur les comptes, souligne d’emblée le p.-d.g. Guy Schumacher, lors de la présentation des résultats le 22 mars. Le dirigeant insiste toutefois sur l’amélioration de tous les soldes intermédiaires de gestion : + 49 % pour le résultat d’exploitation qui atteint 4,6 millions d’euros, et + 140 % pour le résultat courant avant impôt à 3,25 millions. Quant au chiffre d’affaires, il s’est accru de 5 % « sur des métiers qui ne se portent pas si bien », pour s’établir à 179,2 millions d’euros.
Priorité à la marque
Si Saveurs de France-Brossard tire son épingle du jeu sur ses marchés, elle doit son déficit à des provisions de 17,4 millions d’euros pour dépréciation d’actifs après la cession partielle du fonds de commerce de Pikiche (1). La société, qui avait acquis cette entreprise et sa filiale Sigal en 1999, s’est défaite récemment de l’activité de beignets, brioches et autres croissants au jambon, commercialisés sans marque par Pikiche auprès de la restauration hors domicile, pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Elle conserve en revanche l’activité de produits apéritif qu’elle a développée dans Pikiche sous la marque Brossard et qui enregistre des ventes de 3 millions d’euros.
Afin de ne pas déséquilibrer le plan de charge de l’usine de Besançon, cédée elle aussi, Saveurs de France-Brossard confie au repreneur breton Evial Nature, spécialiste de la restauration, la sous-traitance pour deux ans, de la gamme de produits apéritif. Elle assortit la vente d’une clause de non concurrence, selon laquelle Evial ne pourra pas se diversifier en France dans les produits pour apéritif durant un laps de six ans, sauf à les commercialiser dans le seul circuit de la restauration. La transaction a été réalisée pour un montant de 6 millions d’euros.
Prudence
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Après le rachat de Brossard à l’américain Sara Lee, Saveurs de France a fait de la marque de pâtisserie industrielle le « fer de lance de son développement », souligne Guy Schumacher. Celle-ci engendre désormais 80 % du chiffre d’affaires du groupe dans la pâtisserie ambiante et les produits surgelés, le reste provenant de marques de distributeurs. Alors qu’il ressortait de plusieurs études que la marque se révèle légitime aussi dans les produits frais à base de pâte, l’expérience a été tentée en 2003, non sans succès puisqu’à l’automne dernier, l’offre était référencée dans 35 à 40 % des grandes surfaces.
Toutefois, l’entreprise s’est retrouvée face à un « dilemme » : les négociations avec la grande distribution laissaient entrevoir une montée en puissance significative de l’activité, mais 8 millions d’euros d’investissements (dont 5 millions au plan industriel, et 3 pour le marketing) se révélaient nécessaires en 2004, auxquels devaient s’additionner des investissements supplémentaires en 2005 et 2006. Compte tenu de la taille du groupe, Guy Schumacher a donc décidé de renoncer à investir « la presque totalité de ses moyens » dans ce marché, explique-t-il. Il a opté, souligne-t-il, en faveur d’une « démarche de prudence », soucieux de ne pas hypothéquer les segments sur lesquels Saveurs de France-Brossard est déjà présent, ce d’autant plus qu’il se dit prêt à saisir des opportunités de rachat « dans des segments qui pourraient trouver place dans notre dispositif ».
Innovateur
Bien que le marché du surgelé se révèle plutôt atone, il fait le pari que cet univers va se redéployer rapidement. Le secteur est peu capitalisé, les intervenant sont nombreux, les usines à bout de souffle et la réglementation a beaucoup évolué, argue-t-il, augurant pour bientôt une « carence d’offre ». Selon lui, « les rescapés sont à l’aube d’un nouveau marché ».
Dans la pâtisserie industrielle à longue conservation, en repli de 5 % l’an passé, il ne s’est rien passé pendant plusieurs années, mais le secteur recommence à bouger depuis trois ans, « à notre initiative », fait valoir le p.-d.g. qui met en avant l’image d’ « innovateur » de Brossard. Il en veut pour preuve le lancement, en co-branding, avec Weight Watchers (groupe Heinz), de quatre produits sur le terrain de l’allégé. « Brossard est capable de générer ce que Danone a fait avec Taillefine », affirme-t-il.