Abonné

Hervé Vaessen, producteur de grandes cultures à Fontenay en Parisis (95)  « Savoir vers quelle culture m’orienter davantage » 

- - 3 min

Quel est le seuil de commercialisation de vos productions végétales cette année ?

Je calcule mes coûts de production tous les ans après la moisson, sur tableur Excel. Cela me permet de savoir vers quelle culture m’orienter davantage avant de mettre en place mon assolement. Connaitre son coût de production permet également d’arriver armé devant un fournisseur ou un client pour négocier un prix. Je vends ma production à Agora en prix indexés et en prix Matif. Connaître mon coût de production me permet de savoir quand déboucler. Sur 2019, mes coûts de production étaient de 154 €/t en blé tendre, 157 €/t en maïs et 333 €/t en colza. Pour toutes mes cultures, les coûts de production sont en dessous des prix de vente. Elles dégagent encore une rentabilité ! Mes charges opérationnelles sont dans la moyenne des analyses de groupe mais elles ont tendance à augmenter avec la généralisation des programmes antigraminées d’automne. Elles sont de 500 €/ha en blé et maïs, de 250 €/ha en colza. Les charges de mécanisation sont comprises entre 500 et 800 €/ha selon les cultures. Les charges de structure indirectes atteignent une centaine d’euros. La rémunération du travail est prise en compte sur la base de 1500 € mensuels. Mon seuil de commercialisation est très élevé du fait d’annuités importantes liées à la reprise de l’exploitation en 2011. Mes coûts de production couvrant les charges réelles, je ne retiens pas ce critère pour décider actuellement. J’ai en parallèle des revenus locatifs qui me permettent de rester serein jusqu’à la fin des échéances bancaires en 2026.”

L’EBE, un autre indicateur simple

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

assolement
Suivi
Suivre
coûts de production
Suivi
Suivre

Le seuil de commercialisation est un indicateur intéressant pour se positionner par rapport au marché. D’autres indicateurs économiques simples existent, parmi lequel l’Excédent brut d’exploitation (EBE), toujours scruté par les banquiers. Ce dernier sert à rémunérer l’agriculteur, à payer les prélèvements obligatoires, à rembourser les annuités d’emprunts et, si possible, à se garder une marge de sécurité pour les coups durs. Si le montant EBE moins les annuités ne permet pas se rémunérer, il y a un problème à résoudre.