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Fraude Scandale de la viande de cheval : les protagonistes poursuivis

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Deux anciens dirigeants de Spanghero et deux négociants néerlandais devraient être prochainement jugés pour « tromperies » et « escroquerie en bande organisée. »

Le juge d’instruction, en charge de l’enquête entamée début 2013, a ordonné le 26 janvier dernier que soient jugés 4 protagonistes du scandale de la viande de cheval vendue comme du bœuf. L’ancien dirigeant Jacques Poujol et le directeur Patrice Monguillon, en lien avec leurs intermédiaires néerlandais Johannes Fasen et Hendricus Windmeijer, sont soupçonnés d’avoir trompé la société de fabrication de plats préparés Tavola, filiale du groupe Comigel, en lui vendant en 2012 et début 2013 plus de 500 tonnes de viande soi-disant bovine. L’un d’eux a fait appel de cette ordonnance du juge et la cour d’appel de Paris devra encore valider ou non la tenue du procès.

Plusieurs marques, dont Findus et Picard, avaient été touchées, dans un contexte de tromperie massive portant sur 750 tonnes de viande écoulées dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés, avait révélé la DGCCRF.

Étiquetage trompeur

L’ordonnance de renvoi est accablante pour le transformateur occitan. Parmi les faits relevés : suppression d’indications sur la marchandise envoyée à Tavola, pour faire croire que la viande était découpée et travaillée chez Spanghero, alors qu’elle venait de Roumanie, de Belgique ou du Canada, ou encore retrait de toute référence à de la viande de cheval et remplacement par des étiquettes mensongères.

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Jacques Poujol "apparaît impliqué au premier plan comme responsable de la fraude au sein de la société Spanghero, compte tenu notamment des relations étroites qu’il a su nouer avec Johannes Fasen", qui venait d’être condamné en 2012 aux Pays-Bas pour une autre fraude sur la viande de cheval, et "des instructions qu’il a données" aux salariés "pour mettre en œuvre ou faciliter la fraude", écrit le juge.

"Même si sa responsabilité apparaît moins centrale", Patrice Monguillon, l’ex-directeur du site, "a contribué à la réalisation de la fraude, notamment en officialisant et en secondant les directives de Jacques Poujol". Si elles n’ont pas été inquiétées judiciairement, Cogimel et sa filiale Tavola se sont vu reprocher leur négligence par le juge.

La viande de cheval n’est pas la seule fraude reprochée. L’ordonnance réclame aussi de juger les deux ex-dirigeants et Johannes Fasen pour l’importation de 65 tonnes de viande de mouton séparée mécaniquement. Cette méthode est interdite depuis la crise de la vache folle pour éviter que des éclats d’os ou de moelle infectés ne se retrouvent dans l’aliment.