Et si, finalement, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept se mettaient d’accord, en novembre ou en décembre, sur une réduction de tous les postes budgétaires par rapport aux chiffres proposés par la Commission européenne pour la période 2014-2020 ? Pour la Pac, le coup serait rude, d’autant que le projet de Bruxelles se traduit déjà en termes réels par une diminution de l’enveloppe, et non pas par un gel. Les paiements directs étant « sacrés » pour certains États membres, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, redoute que le développement rural « paie le prix fort » d’une révision générale à la baisse. Plusieurs pays, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni, jugent cette révision inéluctable, des économies devant selon eux être réalisées dans tous les domaines. D’autres, dont la France et l’Irlande, sont opposés à des réductions budgétaires pour la Pac. La République tchèque, le Danemark et la Suède sont par ailleurs favorables à une dégressivité des paiements directs, comme l’envisage la présidence chypriote de l’Union. Mais de nombreux États membres refusent un tel système, dont l’Irlande, l’Espagne et la France. En tout cas, rien n’est joué. Les positions deviennent plus pragmatiques et des alliances commencent à se créer, ce qui pourrait réserver quelques surprises. Berlin et Paris seraient ainsi en train d’envisager une solution de compromis qui ne serait pas obligatoirement favorable aux aides à l’agriculture. Or, une diminution des crédits dans ce secteur rendrait caduques, ou presque, les propositions de réforme de la Pac en cours de négociation. Baisse des soutiens pour des raisons budgétaires, verdissement, convergence interne et entre les États membres : la barque serait de toute évidence trop chargée.
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