Le distributeur bourguignon Schiever (Bi1, Atac et Maximarché) arrête la commercialisation du lapin élevé en cage dans ses rayons traditionnels. Il s’appuie sur son fournisseur Loeul & Piriot pour lancer une filière qualité « lapin élevé en parc ».
Le souci du bien-être animal, qui pousse de plus en plus de distributeurs à privilégier les œufs de poules élevées en plein air, va-t-il concerner aussi la viande de lapin ? C’est en tout cas le sens de la décision du distributeur d’Avallon (Yonne), Schiever, qui vient d’annoncer le 27 mars l’arrêt de la commercialisation du lapin élevé en cage. « Cette décision concerne depuis le 20 mars le rayon boucherie traditionnelle pour nos enseignes Atac, Bi1 et Maximarché », explique-t-on à la direction de la communication de Schiever (1,35 million d’euros de chiffre d’affaires en 2016 dans 200 magasins). Dans un deuxième temps, d’ici cinq ans, le groupe familial Schiever ne vendra plus de lapin élevé en cage au rayon libre-service. Schiever estime qu’il commercialise chaque année environ 8 tonnes de lapin toutes enseignes confondues.
Cinq ans pour arriver à 100 % de lapin élevé en cage
Pour parvenir à ce résultat, le distributeur, accompagné par l’ONG Welfarm, s’appuie sur le numéro un français du lapin Loeul & Piriot (Agra Alimentation du 12 janvier 2017) avec qui il lance une « filière qualité Bi1 viande de lapin élevé en parc ». « Nous ne pouvons pas supprimer complètement le lapin élevé en cage de nos rayons car Loeul & Piriot a besoin de temps pour convertir les bâtiments à l’élevage en parcs », explique Schiever. Les lapins bénéficient d’au moins 80 cm2 et les enclos mesurent au moins 1,80 m de long, sur « des sols confortables et non grillagés » et ils n’ont pas de « restriction de hauteur », précise Schiever.
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Pour le distributeur, cette démarche s’inscrit dans une politique de filières qualité intégrant des exigences en matière d’approvisionnement local (en région Bourgogne France Comté) et de bien-être animal. Ces filières existent pour le bœuf, le veau, le porc, l’agneau et le fromage. Depuis 2014, Schiever ne vend plus d’œufs de poules élevées en cage.
Du côté de l’interprofession du lapin, le Clipp a tenu à réagir le 14 mars au vote par le Parlement européen d’un rapport d’initiative (du député Stefan Eck) favorable à une évolution du mode de logement des lapins. « La profession estime que les conclusions du rapport Eck sont d’une grande subjectivité, voire – pour certaines –- contraires au bien-être des animaux », a indiqué le Clipp dans un communiqué. « À ce jour, les solutions préconisées par le rapport Eck n’ont pas encore fait la preuve de leur succès », poursuit-il, pointant les problèmes sanitaires et économiques que ce mode d’élevage engendre. Craignant un risque pour la pérennité du secteur « si les parcs de Monsieur Eck devenaient obligatoires à très court terme », le Clipp rappelle qu’il conduit actuellement un projet innovateur confié à l’ITAVI, l’APESA et l’INRA sur l’élevage du futur », et qu’il privilégiera une approche concertée entre « professionnels, chercheurs, citoyens-consommateurs et ONG. »