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Sucre SDHF se restructure tambour battant

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Les Sucreries des Hauts de France (SDHF) ont tenu leur Assemblée générale le 14 septembre, à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais. L’occasion de faire un tour d’horizon des préoccupations de ses dirigeants et, pour ces derniers, de motiver leurs adhérents en vue de la concurrence accrue qui va déferler sur le secteur dans les prochaines années. L’approvisionnement en betteraves, d’un point de vue qualitatif et quantitatif, sera l’un des enjeux majeurs pour l’industrie sucrière.

Les déterreuses à betteraves et les installations des usines sucrières du Nord-Pas-de-Calais commencent à chauffer ! Le 15 septembre, la campagne a été lancée. La veille, le groupe SDHF (Sucreries des Hauts de France) avait choisi de réunir son assemblée générale. Plus que vers la campagne 2004/2005, tous les esprits étaient tournés vers 2006, date probable de l’entrée en vigueur d’une nouvelle Organisation de marché (OCM) du sucre.

Fermeture de Pont d’Ardres

« Nous voulons être en bonne position sur la ligne de départ », s’est exclamé Benoît Ammeux, le président du conseil d’administration de SDHF. Passant en revue les « contraintes » internationales et les incertitudes réglementaires liées aux décisions de l’Union européenne, il a fait écho à la « nécessaire restructuration » détaillée par le directeur général du groupe, Didier Reffet. Malgré une « bonne productivité agricole et industrielle », le sucrier a décidé de fermer l’un de ses quatre sites pour ne pas être distancé par les mastodontes du secteur que sont British Sugar, Südzucker et sa filiale Saint Louis ou encore Tereos. Après un an à peine passé sous le contrôle de SDHF, l’usine de Pont d’Ardres, rachetée lors de la vente de Béghin-Say en 2003, ne sera plus consacrée qu’à la déshydratation de pulpe de betterave.

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« Cap difficile »

Mis à part une dizaine de départs en retraite ou en préretraite, l’ensemble des salariés devrait être reclassé dans les usines d’Attin, d’Abbeville ou de Lillers. Le groupe devrait subir un « léger sureffectif» durant deux ou trois ans, reconnaît l’un des dirigeants de SDHF. Mais ce régime amaigrissant suffira-t-il à SDHF pour se hisser parmi le peloton de tête du sucre européen ? C’est ce qu’espèrent ses dirigeants. Forts de leur « place de choix » géographique pour la culture de la betterave, ils veulent « à tout prix garder les trois usines, même s’il faudra passer un cap difficile », reconnaît Henri Bernard, le directeur agricole de la coopérative. Mais « il y aura des places à prendre », s’empresse-t-il d’ajouter.

La surcapacité industrielle de 25 % de SDHF enregistrée l’an dernier devrait être gommée. Les trois usines devraient fonctionner durant 100 jours, pour la campagne qui débute. Les meilleurs du secteur atteignent 160 jours d’utilisation de leur outil industriel. Il faut donc « faire des volumes », soulignent les dirigeants, ce qui nécessite des betteraves, l’enjeu majeur des prochaines années. Faute d’intérêt pour les produire, les agriculteurs pourraient se tourner vers d’autres cultures. Déjà, la récolte 2003/2004 a été marquée pour SDHF par une baisse des surfaces emblavées de 10 % par rapport à la campagne précédente, à périmètre constant. La qualité des betteraves à la sortie du champ est aussi l’objet des préoccupations de la coopérative qui veut réduire la quantité de terre récoltée. D’importants investissements y sont consacrés. Le tonnage par jour réalisé est aussi l’un des critères discriminants pour la compétitivité. SDHF dispose dorénavant de 3 usines qui traitent chacune entre 6 000 et 13 000 tonnes de betteraves par jour pour un total de plus de 35 000 tonnes par jour.