En raison des chaleurs extrêmes, plusieurs États membres ont demandé la mise en place de mesures urgentes pour une gestion optimale de l’eau tant au niveau de l’irrigation que du stockage. Le Portugal plaide même pour le lancement d’un plan sécheresse.
Face aux épisodes de sécheresse qui sévissent sur le sol européen, quatre États membres (Croatie, Belgique, Portugal et Italie) ont appelé lors du Conseil agricole du 18 juillet à la mise en place de mesures urgentes pour une gestion optimale de l’eau au niveau du stockage et de l’irrigation. Lisbonne a notamment sollicité des fonds dans le cadre d’un plan d’urgence, similaire au plan REPowerEU mis en place pour répondre aux perturbations du marché mondial de l’énergie liées à la guerre en Ukraine.
Ces mêmes pays accompagnés de huit autres États membres (Bulgarie, Grèce, France, Chypre, Malte, Slovénie, Slovaquie, Roumanie) ont également soutenu une note présentée par la Hongrie alertant « en raison de la rareté des pluies depuis plusieurs mois, de la chute drastique des rendements notamment sur les terres arables plantées en automne ». Dans ce contexte, elle demande à « la Commission d’accorder aux États membres une flexibilité appropriée dans la conception de leurs mesures d’investissement liées à l’irrigation, lors de la finalisation de leurs plans stratégiques de la Pac ».
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Une solution : la Pac
En retour, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a indiqué qu’« à long terme les plans stratégiques nationaux peuvent soutenir les agriculteurs par le biais d’outils de gestion des risques, d’interventions visant à augmenter la rétention d’eau dans le sol et d’investissements dans des actions préventives ». Tout en soulignant qu’« il est important que des investissements tels que ceux dans l’irrigation assurent une protection appropriée des ressources naturelles, en l’occurrence l’eau ». Concernant les mesures à court terme, le commissaire a assuré que « la Pac offre une série d’outils que les États membres peuvent décider d’utiliser, notamment des mesures dans le cadre des programmes de développement rural, le versement d’avances plus élevées aux bénéficiaires et une application plus souple des dispositions relatives aux cas de force majeure. Les aides d’État peuvent également être envisagées ».
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Ces épisodes de sécheresse extrême ont également poussé l’exécutif européen à revoir à la baisse les estimations de la production céréalière de cet été. « Les dernières prévisions de production de céréales pour la campagne de commercialisation 2022/2023 s’établissent à 286,4 Mt, soit environ 7 Mt de céréales de moins que la saison dernière, mais cela reste proche de la production moyenne des cinq dernières années », souligne Janusz Wojciechowski. Avant d’ajouter que « les prévisions pour le blé tendre s’établissent désormais à 125 Mt. Même si cette estimation est inférieure à celle prévue en juin, elle permettrait de répondre aux besoins intérieurs et d’exporter 38 Mt de blé sur les marchés mondiaux ».