Abonné

Sécurité alimentaire : la faim dans le monde repartie à la hausse en 2016

- - 3 min

Le nombre de personnes affamées dans le monde est reparti à la hausse en 2016, la faute à la multiplication des conflits et au réchauffement climatique.

« Il sera difficile de satisfaire à l’ambition de libérer le monde de la faim et de la malnutrition d’ici à 2030 », admettent les trois agences des Nations unies, la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture), le FIDA (Fonds International pour le développement agricole) et le PAM (Programme alimentaire mondial), après la publication le 15 septembre de leur dernier rapport sur l’évolution de la faim de le monde.

Celle-ci aurait de nouveau progressé en 2016 après une régression constante durant plus de dix ans, touchant 815 millions de personnes, soit 11 % de la population mondiale, contre 777 millions en 2015. Ce chiffre est au-dessous toutefois des 900 millions enregistrés en 2000. L’augmentation, enregistrée en 2016, de 38 millions de personnes concernées par la faim s’explique « en grande partie par la prolifération des conflits violents et des chocs climatiques », indique le rapport. En effet, 489 millions des personnes affamées vivent dans des pays touchés par des conflits.

Gaspillage

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gaspillage
Suivi
Suivre
nutrition
Suivi
Suivre

Et pour 2017, le rapport n’entrevoit pas d’amélioration : « La famine a frappé certaines parties du Sud-Soudan pendant plusieurs mois début 2017 et le risque est grand de la voir frapper de nouveau là-bas ou dans d’autres zones de conflit, notamment le nord-est du Nigeria, la Somalie et le Yémen ». Et, soulignent les auteurs de ce travail, « même dans des régions plus pacifiques, les sécheresses ou les inondations provoquées en partie par le phénomène météorologique El Niño, ainsi que le ralentissement économique mondial, ont détérioré la sécurité alimentaire et la nutrition ».

L’Afrique est la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, mais l’Asie reste celle où le nombre de personnes sous-alimentées est le plus important. 520 millions de personnes affamées sont recensées en Asie (11,7 % de la population), 243 millions en Afrique (20 %), et 42 millions en Amérique Latine et aux Caraïbes (6,6 %).

Le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a lancé le 20 septembre un appel pour que le monde adopte une politique de tolérance zéro face aux pertes et au gaspillage alimentaires. Selon la FAO, parmi les 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, la majorité vivent dans les zones rurales des pays en développement et sont des agriculteurs familiaux, des éleveurs ou des pêcheurs, et souvent leurs systèmes alimentaires locaux sont sujets à d’importantes lacunes lors de la manutention post-récolte, du transport, de la transformation et de la réfrigération.