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Sécurité alimentaire : les ministres de l’Agriculture du G20 réitèrent leur engagement

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À l’occasion de leur réunion les 17 et 18 septembre, les ministres de l’Agriculture du G20 ont convenu de l’importance d’arriver à assurer la sécurité alimentaire pour tous, tout en maintenant des systèmes alimentaires durables et résilients. Une déclaration adoptée une semaine avant le sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires.

À quelques jours du sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires (prévu le 23 septembre à New-York), les ministres de l’Agriculture des pays du G20 (qui réunit les plus grandes économies du monde) ont réitéré leur engagement à atteindre la sécurité alimentaire pour tous, et à assurer des systèmes alimentaires durables et résilients, selon la déclaration finale adoptée à l’issue d’une réunion de deux jours à Florence en Italie les 17 et 18 septembre. À cette fin, les délégations ont reconnu que le commerce agroalimentaire international est essentiel, soulignant ainsi l’importance d’un « système commercial multilatéral ouvert, transparent, prévisible et non discriminatoire, conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce ». Sur ce point, elles ont convenu de ne pas adopter de mesures restrictives injustifiées qui pourraient entraîner une volatilité extrême des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux. Les ministres ont renouvelé leur engagement à réduire de moitié le gaspillage alimentaire mondial par habitant au niveau des détaillants et des consommateurs et à réduire les pertes alimentaires le long des chaînes de production et d’approvisionnement.

Recherche & développement et numérisation

En outre, ils ont reconnu que pour atteindre ces objectifs ambitieux, il sera crucial de « travailler à renforcer la collaboration en matière de recherche-innovation et à améliorer l’interface entre la science et la politique ». Cela permettra, précisent-ils, « d’accroître la résilience et la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires, d’atténuer le changement climatique et de s’y adapter, d’arrêter et d’inverser la perte de biodiversité et d’améliorer la résistance des plantes et des animaux aux maladies, aux parasites et aux stress abiotiques ». Selon les délégations, un autre axe clé sera de « soutenir le développement des capacités, la formation et les services de vulgarisation pour les petits producteurs et les agriculteurs familiaux », tout en facilitant « la transformation numérique dans l’agriculture ». Cela impliquera « d’assurer la sécurité des données et les droits de propriété intellectuelle, ainsi que les investissements dans la recherche et le développement, et le transfert de connaissances aux agriculteurs ». Par ailleurs, ils ont également indiqué qu’ils soutenaient « activement les chantiers du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires » et ont donc appelé « toutes les parties prenantes à contribuer à son processus, afin de parvenir à des résultats équilibrés et objectifs qui reconnaissent la diversité des systèmes de production alimentaire et contribuent à leur durabilité ».

S’exprimant à cette occasion, le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a appelé les dirigeants du G20 à poursuivre leurs efforts pour soutenir le bon fonctionnement des systèmes agroalimentaires mondiaux, durement touchés par la pandémie de Covid-19. Il les a exhortés à accélérer le rythme des progrès en matière d’investissements responsables et ciblés, de recherche et d’innovation, et d’ouverture des flux commerciaux agroalimentaires mondiaux. Par ailleurs, il a salué « le rôle de premier plan » joué par le G20 au cours des dix-huit derniers mois, et a indiqué que « les efforts collectifs ont permis de maintenir les systèmes agroalimentaires ouverts et les échanges commerciaux fluides ». En outre, il a également souligné la fonction essentielle des systèmes alimentaires pour réduire les inégalités, en particulier dans les zones rurales.

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Lire aussi : « Systèmes alimentaires : l’UE défend une approche multilatérale en vue du Sommet de l’Onu »

De son côté, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a rappelé que « la transition vers une agriculture plus durable et résiliente nécessitera un effort considérable et entraînera des changements importants dans les pratiques agricoles actuelles de l’UE, tout en veillant à ce que le secteur reste économiquement et socialement durable ». Saluant les ambitions partagées de tous les membres du G20, il a aussi indiqué que « les dispositions prises dans le cadre du Green deal montrent que l’UE prend au sérieux ses responsabilités internationales en matière de climat et d’environnement ».

Sécurité alimentaire : le Covid-19 perturbe l’agenda 2030

D’après un nouveau rapport de la FAO paru le 22 septembre, à la veille du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, la pandémie de Covid-19 « a freiné les progrès accomplis depuis dix ans, dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030 ». L’analyse (troisième évaluation de ce type) qui se base sur les dernières données et estimations disponibles, indique que l’objectif de zéro faim est loin d’être atteint puisque « 83 à 132 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir plongé dans la faim chronique en 2020 ». Elle alerte également sur l’augmentation des prix ou encore sur les niveaux critiques de stress hydrique dans beaucoup de régions du monde. En parallèle, ce rapport mentionne toutefois plusieurs réussites notamment la suppression des subventions à l’exportation dans le secteur agricole ou encore l’entrée en franchises de droits, en particulier des produits agricoles, pour les pays en développement et les pays les moins avancés.