Dans son rapport public annuel publié le 16 février, la Cour des comptes s’est penchée pour la première fois sur le sujet de la sécurité des approvisionnements alimentaires. Au regard « des forces et des faiblesses structurelles » révélées par la crise sanitaire de la Covid-19, elle émet deux recommandations : « Établir d’ici fin 2023 un diagnostic des vulnérabilités de la chaîne des approvisionnements », et « renforcer dès 2022 l’accompagnement des petites et moyennes entreprises des secteurs agricoles et agroalimentaires dans la préparation aux crises afin d’assurer la continuité de leur activité ». « Il est urgent que l’État se dote d’une véritable stratégie de préparation et de conduite de crise », souligne-t-elle dans ses conclusions. « L’existence du marché commun européen et les principes de libre-échange ont longtemps tenu lieu de politique contre le risque de pénurie alimentaire pour de nombreux États membres, dont la France […] La crise sanitaire a montré la nécessité d’y ajouter une réflexion globale sur l’évolution du modèle alimentaire national, et également européen. »
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Le rapport préconise de « mieux connaître les stocks de réserves stratégiques […] sans aller jusqu’à constituer des réserves ». La Cour cite l’exemple de la Suisse, de l’Allemagne et de la Finlande où le financement de réserves alimentaires est assuré par le contribuable (impôts) ou par le consommateur (stocks privés). Plutôt que de transposer ce modèle en France, elle propose de s’inspirer de ce qui existe pour les hydrocarbures. Dans ce secteur, ce sont les fournisseurs qui ont la charge de prévoir des stocks suffisants pour assurer l’approvisionnement sur une période donnée en cas de coupure.