À l’occasion d’un dialogue européen, des responsables de l’UE, de la FAO et du PAM ont souligné l’importance de mettre en place dans les zones vulnérables du globe des actions anticipées afin de réduire massivement l’effet des menaces (climatiques, conflits, économique) sur la sécurité alimentaire.
Alors que le monde est confronté à une hausse de l’insécurité alimentaire (155 millions de personnes souffrent de la faim aiguë), le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a indiqué le 12 octobre dans le cadre d’un dialogue européen (« De la réaction à la prévention : l’action anticipative contre les crises alimentaires ») que « nos approches traditionnelles et réactives ne sont plus adaptées et qu’investir dans des systèmes d’alerte précoce est payant, non seulement pour les communautés, mais aussi pour les gouvernements ». Présent également lors de cette réunion virtuelle, le commissaire européen chargé de l’Aide humanitaire et de la gestion des crises, Janez Lenarcic, a rappelé que « l’UE alloue en moyenne 75 Mio € de son financement humanitaire annuel à des actions de préparation ciblées ». L’objectif de Bruxelles, précise-t-il, est « de créer des structures de financement flexibles et fiables qui seraient mieux adaptées à l’action anticipative et à la prévention de la famine ». En outre, il a également alerté sur le fait que « les besoins d’assistance alimentaire augmentent plus rapidement que les fonds mis à disposition, ce qui rend le paradigme actuel de l’aide insoutenable à long terme ».
De son côté, le directeur exécutif du PAM, David Beasley, a également prévenu qu’« il fallait de toute urgence agir, nous avons déjà les solutions. Maintenant, le temps est venu d’investir massivement pour intensifier les actions ». Tout en ajoutant qu’à « chaque fois que vous devez intervenir après la crise, lorsque les routes sont fermées et que les infrastructures sont en panne, cela peut coûter au moins deux fois plus cher ».
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Des actions anticipatives réussies
Lors de leurs allocutions, les intervenants ont présenté divers exemples d’actions anticipatives existantes et qui ont déjà montré leur efficacité. Ainsi, l’UE, la FAO et les gouvernements locaux ont notamment aidé les agriculteurs de la Corne de l’Afrique à éviter des pertes de récoltes de plus de 1,5 Mrd $ et à protéger la sécurité alimentaire de plus de 36 millions de personnes. Au Bangladesh, la FAO, le PAM et divers partenaires ont aussi réagi rapidement aux alertes pour protéger les populations contre les inondations. Au Soudan, un système d’alerte précoce facilité par la FAO a été déclenché avant une saison des pluies insuffisante. Ainsi, pour chaque dollar investi, les familles d’agriculteurs ont bénéficié de 6,7 $ de pertes évitées. Et au Burundi, l’UE et le PAM mettent actuellement en place un système d’action anticipée qui peut être activé avant les chocs climatiques.