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Sécurité alimentaire : pas de risques à court terme, estiment les organisations internationales

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En 2022, il n’y a pas de risques sur la disponibilité des denrées alimentaires à l’échelle mondiale, ont assuré les principales organisations internationales (FAO, Pam, OCDE) lors d’un séminaire organisé le 26 avril par l’OMC. En revanche, la FAO a averti que la sécurité alimentaire pourrait fortement se dégrader en 2023 si la guerre en Ukraine devait se prolonger.

« La question n’est pas tant la disponibilité mais plus l’accessibilité de la nourriture à l’échelle mondiale », a indiqué le 26 avril à l’issue du séminaire de l’OMC sur la sécurité alimentaire son directeur général adjoint Jean-Marie Paugam. Propulsée en tête des priorités de l’agenda international en raison de la guerre en Ukraine, « la sécurité alimentaire ne peut être garantie que grâce à des marchés ouverts et à des politiques commerciales transparentes », ont prévenu les principales organisations internationales (FAO, OCDE, Pam) présentes lors de cet événement. À bève échéance, « le risque en termes de disponibilité est à exclure malgré un déficit en blé en 2022 de 8 Mio t en provenance de Russie et de 6 Mio t en provenance d’Ukraine », a expliqué l’économiste en chef de la FAO, Maximo Torero. En revanche, il a prévenu que « si l’Ukraine ne produit plus et si la Russie n’exporte plus, alors il est à prévoir une dangereuse dégradation de la sécurité alimentaire pour 2023, étant donné que 30 % des exportations mondiales de blé, maïs et tournesol proviennent de ces deux régions du globe ». Dans ce contexte, il est important, souligne-t-il, « d’appeler les pays avec des excédents alimentaires de réallouer leurs stocks de blé et d’engrais à l’exportation vers les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires ».

De son côté, Marion Jansen, directrice de la Direction des échanges et de l’agriculture au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a déclaré « que ce n’était pas le moment de paniquer, qu’il fallait à tout prix limiter toute forme de spéculation afin de ne pas pousser artificiellement les prix vers le haut ».

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Hausse de l’aide alimentaire

Malgré ces appels au calme, Ronald Tran Ba Huy, directeur adjoint de la recherche, de l’évaluation et du suivi au sein du Pam, a fait part de ses préoccupations concernant les conséquences mondiales de la crise russo-ukrainienne sur les groupes les plus vulnérables. « On estime que 145 Mio de personnes auront besoin d’une aide alimentaire en 2022, soit 17 Mio de plus qu’en 2021. L’envolée des prix alimentaires et le niveau élevé des frais de transport ont fait grimper les coûts de fonctionnement du Pam de 44 % », a-t-il indiqué. Avant de souligner « l’importance de maintenir les flux commerciaux et de réduire au minimum les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement ». Par ailleurs, il a salué la déclaration conjointe signée par plus de 80 membres de l’OMC par laquelle ils s’engageaient à ne pas imposer de restrictions à l’exportation pour les achats de produits alimentaires destinés au Pam, tout en appelant « davantage de membres à soutenir cet engagement à l’occasion de la douzième conférence ministérielle de l’OMC (prévue en juin) ».