À l’appel du syndicat majoritaire Solidaire CCRF & SCL, rejoint par la CFDT et l’Unsa, les personnels de la DGCCRF (Fraudes) ont manifesté, le 21 juin, contre le transfert de compétences dans le contrôle de la sécurité sanitaire des aliments du service du ministère de l’Économie vers la DGAL (Agriculture). Dans un communiqué du 16 juin annonçant la mobilisation, le syndicat se disait inquiet pour « la survie à moyen terme de la DGCCRF » après que la création d’une police unique chargée des contrôles de sécurité alimentaire sous l’égide de la Rue de Varenne a été actée dans la répartition des attributions ministérielles par décret. Cette réorganisation doit s’accompagner du transfert de 60 emplois vers la DGAL, début 2023. Or, la DGCCRF (2 500 agents) a déjà « perdu 1 000 emplois en 15 ans », dénonce David Sironneau, coresponsable syndical, dans des propos rapportés par l’AFP. Selon les informations de nos confrères, une source proche du dossier assure que « la fraude restera du domaine de la DGCCRF ». Les agents en grève soulignent des différences de culture entre les deux institutions. « On sanctionne plus que le ministère de l’Agriculture, qui est historiquement plus sur des mises en demeure, des mesures correctives, affirme M. Sironneau. Politiquement, attribuer la sécurité alimentaire à l’Agriculture, c’est la placer du côté des industriels. Nous défendons le consommateur ». Les personnels de la DGCCRF redoutent « des conflits d’intérêts », la rue de Varenne étant chargée du développement des entreprises agroalimentaires. Enfin, Solidaire CCRF & SCL alerte sur le risque de privatisation de certaines missions et de la mise en concurrence des opérateurs privés payés par les entreprises qui « entraînera de fait la remise en cause de l’impartialité des contrôles ».
« On sanctionne plus que le ministère de l’Agriculture »
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