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Perturbateurs endocriniens Ségolène Royal engage une lutte contre l'usage des pesticides

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La réunion du Conseil national de la transition écologique (CNTE), le 29 avril, était l'occasion pour Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, d'engager une lutte contre l'usage des pesticides.

«MIS à part quatre abstentions, la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens a été adoptée par l'ensemble des membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE) », a déclaré Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, lors d'une conférence à Paris, le 29 avril. Parmi les actions pour lutter contre les perturbateurs endocriniens, la ministre a notamment annoncé le maintien des recherches effectuées par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) sur près de 2 000 molécules. Par ailleurs, elle rappelle le lancement prochain de l'opération « Terres saines : villes et villages sans pesticides » qui s'appuiera sur des témoignages de maires les ayant déjà interdits dans leur commune. « Il nous faut mettre les territoires en mouvement », répète la ministre. L'objectif est de montrer que des initiatives locales existent déjà et fonctionnent. A l'image des GIEE (groupements d'intérêts économiques et environnementaux) du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, l'idée de la ministre de l'Ecologie est de mettre en valeur les actions de terrain. « L'Etat doit montrer ses projets qui sont parfois des modèles de réussite », soutient-elle.

Santé et environnement

Si l'initiative Terres saines ne concerne que les communes, le message de lutte contre les pesticides est clair. Le 29 avril, l'association écologiste Génération Future a révélé les résultats d'une analyse sur 30 enfants qui montrait que leur chevelure contenait des résultats de pesticides perturbateurs endocriniens. L'étude a été aussitôt remise en cause par l'UIPP (Union des industries de la protection des plantes) : « L'enquête soulève un certain nombre de préoccupations légitimes, mais l'UIPP tient à se montrer absolument rassurante : la présence de pesticides dans les cheveux ne signifie pas risque ». Pour sa part, Ségolène Royal a rappelé que la stratégie contre les perturbateurs endocriniens serait prise en compte dans le troisième plan national santé-environnement en cours d'élaboration avec Marisol Touraine, ministre de la Santé.

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Un autre modèle

Le 25 avril, Ségolène Royal s'est adressée aux agriculteurs en ces termes : « Il n'y a pas de fatalité. Dans la région Poitou-Charente, j'ai lutté pendant des années pour que le marais poitevin retrouve son statut de Parc naturel régional. La signature du décret est imminente ». La ministre rappelle que cette reconquête est passée par des modifications des pratiques agricoles avec notamment le recul de l'agriculture intensive et de la maïsiculture. « Ni les agriculteurs, ni les éleveurs n'ont perdu en pouvoir d'achat », assure-t-elle. Car la région et les professionnels ont travaillé sur l'amélioration des races, sur l'agriculture biologique, sur les circuits courts… « Nous avons proposé un autre modèle de développement. Et nous avons pu réconcilier l'activité économique avec ce modèle de développement », poursuit la nouvelle ministre de l'Ecologie.

« Dans quinze jours, nous tiendrons une conférence commune avec Stéphane Le Foll pour faire le point sur les questions agricoles, de protection de l'eau et de lutte contre les pesticides », poursuit Ségolène Royal.