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Produits laitiers Selon la Commission, la reprise des cours ne justifie plus les aides à l’exportation

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L’ampleur de la reprise des cours des produits laitiers a permis de mettre fin à toutes les aides à l’exportation que la Commission européenne avaient été contrainte de réintroduire pour permettre au négoce d’être présent sur les marchés mondiaux au plus fort de la crise. « Depuis le Conseil agricole d’octobre, tous les prix des produits laitiers et les prix du lait au départ de l’exploitation ont continué à progresser », s’est félicitée Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, le 20 novembre à Bruxelles, devant les ministres de l’agriculture qui ont adopté deux nouvelles mesures en faveur du secteur laitier.

C’est sans débat (point A) que les ministres de l’agriculture de l’UE se sont prononcés sur l’extension de la clause dite de « perturbation » (article 186) au secteur laitier. Cette clause, qui existe déjà pour d’autres secteurs, va permettre à la Commission européenne d’apporter une réponse plus rapide en cas de perturbation du marché laitier. De plus, les ministres de l’agriculture ont convenu de procéder à une modification du régime de rachat des quotas pour les campagnes 2010/11 et 2011/12 afin que les Etats membres puissent dégager des fonds en faveur de la restructuration du secteur laitier. Cette mesure permettra d’activer plus rapidement le super-prélèvement laitier, dans la mesure où le quota national pourra être amputé des quantités mises en réserve dans les Etats qui le souhaitent.
Compte tenu de l’amélioration des prix au niveau européen et sur la scène internationale, Mariann Fischer Boel a indiqué aux ministres que les subventions à l’exportation ne sont plus nécessaires et c’est pourquoi elles ont été fixées récemment à zéro sur tous les produits laitiers. La commissaire s’est félicitée que les prix du lait au départ des exploitations continuent de progresser en raison d’une augmentation des cours des divers produits laitiers. Les prix du lait ont augmenté de 20 à 25 % par rapport à juin dans plusieurs Etats membres, a-t-elle précisé.

Des prix en forte hausse
Dans une note remise aux ministres, la Commission précise que le prix du beurre est supérieur de 29 % au prix d’intervention et que de substantielles quantités de beurre sous contrat de stockage privé sont régulièrement remises sur le marché. La Commission a fourni également les données suivantes :
– le prix du lait écrémé en poudre dépasse à présent de 29 % le prix d’intervention ;
– les moyennes communautaires des prix du beurre et de la poudre de lait écrémé sont maintenant supérieures de respectivement 30 % et 26 % aux prix relevés en juin ;
– le prix actuel de la poudre de lait entier a gagné 29 % par rapport à juin ;
– le prix du fromage cheddar est à présent supérieur de 11 % aux cotations de juin et des augmentations plus importantes sont prévisibles en raison du faible niveau des stocks. Les prix des autres fromages se sont également appréciés de façon notable ;
– les prix du petit-lait sont supérieurs de 60 % à ceux de juin ;
Dans sa note, la Commission souligne que ces évolutions positives ont permis aux laiteries de mieux rémunérer les producteurs de lait, mais que, comme d’habitude, il y a un décalage dans le temps entre le mouvement à la hausse des prix des produits laitiers et les prix départ exploitation. Selon le dernier relevé officiel effectué en septembre, la moyenne des prix du lait dans l’UE a été de 26,3 cents/kg, soit un montant supérieur de 9 % par rapport à juin. La Commission précise que des prix plus élevés, allant jusqu’à 30-31 centimes, ont été relevés dans plusieurs Etats membres disposant des plus importantes laiteries. Des prix spot en hausse de 42 % en Irlande du Nord et de 69 % aux Pays-Bas ont été signalés par rapport à juin.

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