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Revenus 2009 Selon les Réseaux d’élevage Bovins Viande, les revenus ont été stables en 2009

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Les revenus des éleveurs bovins viande en 2009 seraient restés stables par rapport à l’année précédente, ainsi que l’indique le document annuel des Réseaux d’élevage publié le 5 mars sur le site de l’Institut de l’élevage. Cette estimation contredit les 17% de hausse du revenu en élevage bovin à viande annoncés par la Commission des comptes de l’agriculture. Le document révèle également que le revenu des systèmes bovins à viande spécialisés a connu une baisse globale de 21% entre 2007 et 2008.

«Les estimations des résultats économiques des systèmes bovins viande en 2009 restent au niveau très faible de 2008 », c’est ce que révèle le document annuel produit par les Réseaux d’élevage (dispositif animé par les Chambres d’agriculture et l’Institut de l’élevage) à partir d’un échantillon de 450 fermes bovins-viande réparties sur l’ensemble de l’Hexagone. Elles contrastent fortement avec celles annoncées par la Commission des comptes de l’agriculture (+17% de hausse du revenu en élevage bovin à viande en 2009).

Baisse des charges
Le document des Réseaux d’élevage indique qu’en dépit d’une diminution relative du prix des bovins viande (baisse des prix des femelles finies et légère hausse pour les broutards) et d’un repli des cours des céréales, les revenus des éleveurs bovins viandes restent quasiment stables en 2009 grâce à la baisse des charges (-10 % pour le coût alimentaire par rapport à 2008, -25% pour les engrais et -30% pour le carburant). Comment expliquer une telle différence entre les estimations de la Commission des comptes de l’agriculture et celles des Réseaux d’élevage ? « La différence méthodologique réside dans le fait que nous n’impliquons pas de changement de résultats en fonction d’éventuelles évolutions de rendement ou de productivité, ces cas-types sont constants, explique Patrick Sarzeaud, du département Actions régionales de l’Institut de l’élevage. Les prévisions du ministère se font sur la base du Rica (Réseau d’information comptable agricole) et intègrent par contre toutes les observations qu’ils font au travers des statistiques relatives aux baisses de rendement, à l’évolution de la production de viande et des volumes des consommations. »

Baisse du revenu depuis 2005
Les Réseaux d’élevage révèlent également, dans ce document de synthèse, que le revenu des systèmes bovins viande spécialisés avant cotisation MSA a connu une baisse globale de 21% en 2008 par rapport à 2007. Une situation que les spécialistes expliquent par la hausse du prix de l’énergie, des intrants (ayant pour conséquence un recul de l’efficacité économique des systèmes), des aliments achetés (+14 % entre 2007 et 2008) et par les effets de la FCO (+10% de frais vétérinaires de 2007 à 2008). Enfin la synthèse annuelle des Réseaux d’élevage souligne que les revenus 2009 restent très en deça de ceux de 2005-2007.

La région Pays de la Loire représentative de l’ensemble des régions
Quelques jours avant la publication des résultats nationaux, les estimations du revenu 2009 des éleveurs de bovins de la première région de production de viande bovine de France ont également été révélés. Recensées auprès de 100 fermes des Pays de Loire-Deux-Sèvres, ces données ont été calculées par les Réseaux d’élevage de la région. « On observe les mêmes tendances sur le plan national et au niveau de la région Pays de Loire, explique Patrick Sarzeaud, du département Actions régionales de l’Institut de l’élevage.
Pour les systèmes naisseurs intensif et naisseur engraisseur semi-intensif de la 1re région de production de viande bovine, les Réseaux d’élevage ont estimé le revenu 2009 en légère hausse de 4% par rapport à l’année précédente. Une quasi-stabilité qui contraste avec la chute des revenus depuis 2005 (34% pour le système naisseur intensif et 20% pour le naisseur engraisseur semi intensif). « Pour les systèmes naisseurs et naisseurs engraisseurs, la baisse de revenu s’explique principalement par la forte explosion des charges. Mais aussi par la baisse du produit bovin et de certaines aides liées à la modulation, explique Gaël Benoteau, ingénieur chargé du suivi Réseaux d’élevage à la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. En 2009, le coût des charges a légèrement diminué et les prix des produits bovins se sont érodés, notamment en ce qui concerne les femelles. » La baisse des charges a particulièrement joué pour les naisseurs intensifs, notamment via la baisse du coût alimentaire de 14€ par UGB (Unité de gros bétail) en 2009. Quant à la baisse des prix des produits bovins, c’est le système des naisseurs engraisseurs qui en a bénéficié, notamment avec le repli des prix des femelles de boucherie qui représentent 45% des ventes bovines.

Chute de 25% du revenu pour le système engraisseur
« Le système engraisseur et culture de ventes réagit généralement plus fortement que le système allaitant. Et d’autre part, les volumes de productions sont plus importants », note Gaël Benoteau. En effet, en 2009 le revenu du système « engraisseur de jeunes bovins-culture de vente » a chuté de 25% par rapport à 2008 (de 42% par rapport à 2007). « La hausse de revenu en 2007 était liée à la conjoncture des céréales et aux prix des broutards pas très élevés en 2006, explique Gaël Benoteau. En 2008, la chute des prix des céréales et la remontée des prix des maigres ont impacté le revenu 2009. Même au moment de la vache folle, les revenus n’avaient pas été aussi bas que maintenant. »

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