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Selon une étude, sur 22 types de cancers, un seul présente un lien avec le glyphosate

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Des chercheurs ont publié une étude, dite « Agricultural Health Study » (AHS), dans le Journal of National Cancer Institute (financé par le Congrès des États-Unis) sur le lien entre l’utilisation de glyphosate et le développement de cancer, a-t-on appris le 21 novembre. Les chercheurs ont travaillé à partir de données collectées auprès de 54 521 travailleurs agricoles (dont 83 % utilisent du glyphosate) suivis depuis 1993 et habitant en Caroline du Nord et dans l’Iowa. Les données portent notamment sur l’utilisation de l’herbicide (nombre de jours par an, méthode d’application) et sur la santé des utilisateurs, avec une analyse sur 22 types de cancers.

L’étude AHS ne trouve pas d’association entre le glyphosate et les cancers « solides », ni avec les cancers du sang dits « lymphomes non hodgkiniens ». Pour 21 types de cancers, aucun lien significatif n’a été trouvé quelle que soit l’exposition au glyphosate. En revanche, « il y a des preuves d’un risque plus élevé de leucémie myéloïde aiguë (AML) chez les utilisateurs, en particulier dans la catégorie la plus exposée », écrivent les auteurs. Selon l’étude, le risque est deux fois plus élevé chez les agriculteurs les plus exposés par rapport à ceux non exposés. C’est une première et les chercheurs précisent que d’autres travaux devront confirmer ce résultat.

Divergence avec les conclusions du Circ

Ainsi, parmi les 21 cancers étudiés par les Américains et pour lesquels aucun lien significatif n’a été trouvé, figurent les lymphomes non hodgkiniens quelle que soit l’exposition. Or, les conclusions du Circ – qui classent le glyphosate comme cancérogène probable – se basent, entre autres, sur un lien entre glyphosate et apparition de lymphomes non hodgkiniens sur des animaux. L’étude américaine lance la question de l’apparition de ce type de lymphomes en lien avec le glyphosate à différents niveaux d’exposition chez l’homme.

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« L’étude américaine, c’est de l’artillerie lourde »

« Les classements du Circ sont des classements de danger et non pas de risque », a expliqué Luc Multigner, expert à l’Inserm, lors d’un débat sur le glyphosate avec François Veillerette de Générations futures sur RTL, le 22 novembre. Il met en garde face à une « très grande confusion entre les notions de danger et de risque ». Luc Multigner a développé : « L’étude américaine, c’est de l’artillerie lourde. Il n’y a pas de preuves d’association entre l’exposition professionnelle et la survenue de cancers. » Mais Générations futures ne comprend pas pourquoi une moyenne des cancers est étudiée par les chercheurs. « Nous posons la question de la signification de cancer en général », développe Nadine Lauverjat.

L’épidémiologiste Luc Multigner met en garde face à « une très grande confusion entre danger et risque »