La Coordination rurale dénonce une « intimidation politique » après l’arrestation de cinq de ses militants en Haute-Garonne. Dans une affaire distincte, la Confédération paysanne annonce le dépôt de plaintes après 52 gardes à vue jugées « abusives ».
Six agriculteurs, dont « au moins cinq membres de la Coordination rurale », ont été arrêtés le 11 février à leur domicile en Haute-Garonne, a priori sans lien avec les récentes manifestations à Toulouse, apprend-on dans un article d’Ici Occitanie (ex-France bleu). Citant le procureur de la République de Toulouse, le média public précise que les prévenus sont « en garde à vue à Muret, Seysses et Luchon ». Toujours selon le parquet, ils sont auditionnés pour « des faits de dégradation de transformateurs Enedis commis entre le 15 et le 27 janvier ». Des faits considérés comme aggravés par « la réunion et la dissimulation du visage des auteurs », un « vol en réunion » et la « coupe d’un arbre en bordure de route » ayant provoqué la « mise en danger de la vie d’autrui ».
D’après Ici Occitanie, « le parquet précise bien que ces gardes à vue n’ont rien à voir avec [les] incidents [du] 27 janvier » survenus lors d’une manifestation à Toulouse. Réagissant dans un communiqué le même jour, la Coordination rurale a dénoncé une arrestation « inacceptable », estimant que ses militants ont été traités « comme s’il s’agissait de criminels dangereux ». « Pour l’un d’entre eux, la porte de son domicile a été fracturée avant qu’il ne soit interpellé et menotté devant ses enfants », déplore le syndicat, qui pointe « une tentative claire d’intimidation politique ».
« Multiplication des atteintes à la liberté syndicale »
Dans une affaire distincte, la Confédération paysanne a annoncé, dans un communiqué du 10 février, porter plus de cinquante plaintes contre X pour « atteintes aux libertés syndicales », après le placement en garde à vue de militants à Paris le 14 janvier. « Ces plaintes font suite à la répression syndicale menée lors de l’action symbolique au ministère de l’Agriculture » le 14 janvier, précise le syndicat ; 52 agriculteurs avaient alors été interpellés et placés en garde à vue après avoir pénétré dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris. Un représentant du ministère avait déposé plainte.
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La Conf’ dénonce des « gardes à vue abusives », et indique avoir également saisi la Défenseure des droits. Plus largement, la Conf’ indique constater, depuis plusieurs années, une multiplication des atteintes à la liberté syndicale avec une fréquence et une intensité « inédites ». « La liberté syndicale et le droit de manifester sont des droits fondamentaux de notre démocratie. Nous comptons bien les défendre, comme nous en avons informé la Ministre de l’agriculture hier soir lors d’un rendez-vous rue de Varenne », soutient le syndicat.
JJ, YG