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Semence de maïs : en congrès, l’AGPM appelle à la structuration

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À l’occasion de leur congrès, marqué par une campagne « exceptionnelle », l’AGPM maïs semence a appelé les multiplicateurs à préserver le prix des doses en se saisissant notamment des possibilités offertes par les OP.

En 2022, la production de semences de maïs avait été « catastrophique », selon les dires de Benoît Laborde, président de l’AGPM maïs semences. Avec une récolte à 107 % de l’objectif moyen français en 2023 (contre 70 % en 2022), « nous pouvons nous féliciter de notre performance exceptionnelle », a déclaré M. Laborde à l’occasion du Congrès du maïs qui s’est tenu du 21 au 22 novembre à Clermont-Ferrand.

Une annonce rapidement éclipsée par les inquiétudes face aux « stocks historiquement élevés » de semences de maïs, estimés à 80 %, alors que « les collègues ont vendu cinq millions de doses en moins l’année passée », commente Albert Binder, vice-président de l’AGPM maïs semence. Aussi, les semenciers devront-ils « veiller à ne pas brader les doses de semences », recommande le président de l’AGPM maïs semence. Et d’ajouter que les producteurs « ne peuvent accepter des baisses de rémunérations ».

C’est pourquoi l’AGPM semence encourage les multiplicateurs à se saisir des possibilités offertes par les organisations de producteurs (OP) dès 2024. Pour rappel, un décret relatif à la reconnaissance des OP dans le secteur des semences d’espèces végétales a été publié le 2 août au Journal officiel. Ces structures doivent permettre à un ensemble d’agriculteurs de se regrouper pour mieux négocier avec les acteurs économiques de l’aval de leur filière, de plus en plus regroupés.

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« Aujourd’hui, six organisations ont sollicité une demande de reconnaissance OP, pour laquelle un avis par la commission nationale technique, du Conseil supérieur d’orientation et de coordination de l’économie agricole et alimentaire, sera donné à la mi-décembre », a souligné Dominique Patry, membre du bureau de l’AGPM Maïs semence. « J’espère que nous pourrons montrer qu’elles seront fortes dès 2024 », a ajouté Benoit Laborde.

Une baisse des surfaces de semences en 2024

Une manière aussi de fidéliser les producteurs de semence maïs, alors que leurs surfaces ont baissé de 30 % en dix ans, a souligné l’AGPM. Sans pouvoir donner de chiffres précis, Benoît Laborde table sur une baisse des surfaces de multiplication des semences de maïs pour la prochaine campagne en France. Selon le ministère de l’Agriculture (Agreste), ces dernières avaient déjà « nettement baissé », passant de 85 000 hectares en 2022 à 81 000 hectares en 2023.

« Nous sommes habitués aux fluctuations dans la filière des semences de maïs, mais faudra-t-il tout accepter ? Le réseau actuel n’est plus celui qu’il a été, et est moins disposé les évolutions brutales », a averti le président de l’AGPM maïs semences. D’où l’importance à ses yeux d’apporter aux multiplicateurs une sécurisation économique, via la préservation de la valeur des semences.

En 2023, la récolte a atteint 107 % de l’objectif moyen français