Les entreprises et agriculteurs dans la production de semences de maïs ont eu, le 9 novembre en congrès à Tours, des discussions tendues sur la répartition de la valeur, mettant en cause la distribution. « Une crise de confiance existe entre nos deux familles », a reconnu Pierre Pagès, président de l’interprofession FNPSMS. Déjà il y a trois ans, de vifs échanges avaient émaillé le congrès de Mulhouse, avec le vote d’une motion pour mieux rémunérer les producteurs. Cette année, des accords ont été signés leur offrant 2 euros supplémentaires par dose de maïs (laquelle est payée, selon des chiffres de 2019, entre 19 et 20 euros en moyenne sur dix ans). La même revalorisation est demandée pour 2022, vu la hausse des coûts de production liée aux postes engrais, énergie, main-d’œuvre. Il s’agit d’« apporter de la visibilité » aux producteurs, a estimé Pierre Vincens, président de l’AGPM maïs semence.
Les entreprises semencières se sont montrées réticentes. « Pas un opérateur en semence de maïs n’est satisfait de sa rentabilité, qui doit financer les activités de R&D nécessaires pour affronter la transition agroécologique et répondre aux défis sociétaux », a déclaré Xavier Thévenot, président de la section maïs et sorgho à l’UFS. Selon lui, les entreprises du secteur ont « beaucoup de mal à répercuter » les hausses des prix des commodités et des coûts de production. Elles font face à des centrales d’achat, par lesquelles passent « environ 90 % » des semences. « Le marché est extrêmement concurrentiel, a-t-il souligné. C’est la distribution qui capte l’essentiel des gains de productivité. »
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La FNPSM dispose de deux enquêtes pour y voir clair dans la répartition de la valeur, incluant les chiffres des semenciers et des distributeurs. Reste à les réunir avec les agriculteurs pour discuter des contrats de production.