Observatoire des semences de ferme, cotisation interprofessionnelle : le Staff (trieurs à façon) a balisé, le 1er juillet en conférence de presse, son entrée dans l’interprofession Semae (ex-Gnis).
« Nous avons plein de choses à apporter » chez Semae, a déclaré le président Sylvain Ducroquet, soulignant la faculté des trieurs à façon de « voir les signaux faibles » dans l’agriculture « qui vont être les pratiques de demain ». Le Staff appréhende ainsi son arrivée au sein de la section « Diversité des semences », dont l’interprofession a annoncé la création le 27 janvier.
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Il souhaite y voir « constituer une sorte d’observatoire des semences de ferme ». Objectif : réfléchir notamment sur leur progression face aux semences certifiées, qui d’après ses chiffres ne représenteraient plus que 40 % des volumes (-20 points en vingt ans). Le financement de la recherche en pâtit. Pourquoi ne pas le « déconnecter de la façon de produire ? », envisage Sylvain Ducroquet. Le Staff souhaite par ailleurs intégrer d’autres sections de Semae, notamment celle des « Céréales et protéagineux ». Problème, il voit mal comment être redevable d’une cotisation basée sur les quintaux de semences produites, inévitablement répercutée sur le client : « On ne va pas faire supporter au paysan un impôt supplémentaire ».
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La profession défend « une semence libre »
En passe d’intégrer Semae, le Staff considère la section qui lui est ouverte comme un « sas d’accueil pour connaître l’interprofession », selon Sylvain Ducroquet. « On représente une semence libre », dit-il pour souligner combien ce rapprochement marque un virage. « Chez nos clients, la motivation première pour autoproduire leur semence c’est le prix, ensuite c’est l’indépendance vis-à-vis du système. » La présence des trieurs à façon dans l’interprofession reste pour certains d’entre eux contre nature, développe Sylvain Ducroquet. Et de rappeler que l’activité avait été interdite le 4 juillet 1989 via un accord entre des organisations et le ministère de l’Agriculture. Ce n’est qu’en 1994 qu’un cadre européen est donné, l’acte de ressemer devenant conditionné à une rémunération de l’obtenteur, d’après le règlement (CE) N°2100/94.
Le Staff se voit dans l’interprofession comme un témoin des nouvelles tendances du secteur. Son enquête des pratiques, menée tous les ans, permet de les quantifier. En moins d’une décennie, les trieurs à façon ont vu leurs chantiers passer de cinq à douze espèces préparées chez l’agriculteur. « Blé avec vesce, colza avec caméline, etc. : les cultures sont de plus en plus associées », relève Sylvain Ducroquet pour qui cette évolution va de pair avec la croissance de la bio, de l’agriculture de conservation. Également à la hausse, les mélanges de variétés représentent 30 % des semences de ferme (contre 26 % l’an dernier) en production céréalière (blé essentiellement), d’après ses chiffres.