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Semences oléagineuses : des surfaces records en 2018

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La production de semences oléagineuses affiche des surfaces records en 2018, tirées par le colza et le tournesol, a indiqué le 13 mars l’Anamso (agriculteurs multiplicateurs). Elle couvre une sole historique de 39 700 ha (+22 %) : les trois dernières années montrent « une très forte croissance » par rapport aux 26 400 ha de 2015, a souligné en AG le président Laurent Bourdil, ajoutant que 70 % des doses produites sont exportées notamment vers l’Europe de l’Est.

Les surfaces de crucifères (colza essentiellement) atteignent en 2018 le record de 15 400 ha (+45 %). « Pour 2019, la superficie en colza multiplié reste à peu près équivalente », autour de 14 000 ha, a estimé Philippe Silhol, chef du service Données, études et statistiques au Gnis (interprofession). « L’export est au plus haut sur les deux dernières campagnes », représentant 70 à 80 % de la production, avec l’Allemagne comme première destination, suivie par la Roumanie, la Pologne. Les surfaces de tournesol culminent à 20 600 ha (+14 %), niveau jamais vu. Un même appel d’air se produit grâce l’export, dont plus de la moitié des volumes sont destinés à la Russie et l’Ukraine, selon lui.

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À l’inverse, le soja tombe à 3 700 ha (-6 %). « On n’arrive pas à développer » la production de semences de soja, a reconnu Laurent Bourdil. D’où la nécessité, selon lui, de « communiquer encore plus » et notamment sur « la valeur du savoir-faire », « le modèle d’exploitation » de taille familiale. Le problème vient aussi d’un manque d’innovation chez les semenciers, peu disposés à investir dans le soja vu la faiblesse des surfaces. Et la part élevée de semences de ferme n’arrange rien, comme l’ont pointé divers intervenants à la table ronde. « Le système avec 50 % de graines de ferme s’auto-asphyxie puisqu’il y a peu de dynamique variétale », a considéré Bruno Baranne, président de Syngenta France. Touchant peu de royalties, le sélectionneur « n’a pas forcément la qualité comme premier axe de travail ». Le producteur, de son côté, trouve la semence « trop chère ».

Une ombre au tableau, le soja multiplié perd en superficies