L'Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses (Anamso) estime à quelque 25 000 hectares (ha) la production cette année, un niveau plus habituel après une période faste. En AG le 11 mars, l'accent a été mis sur une perspective plus lointaine, avec l'exposé d'un chercheur de l'Inra.
« La production de semences oléagineuses, située pendant trois ans dans le haut de la fourchette moyenne de 22 à 27 000 ha, revient à une situation normale », a déclaré le président Laurent Bourdil en assemblée générale le 11 mars, évoquant pour 2015 des baisses de 20 % en colza et de 30 à 40 % en tournesol. Seul le soja afficherait une hausse, à 3 300 ha (contre 2 764 ha l'an dernier). Les surfaces descendraient à 10 600 ha de colza (près de 13 800 ha) et 10 500 ha de tournesol (15 047 ha). Elles totaliseraient pour les trois espèces quelque 25 000 ha (contre 31 657 ha en 2014 et un record de 32 292 ha en 2013). « Cette baisse de production en 2015 répond au gonflement des stocks et à une moindre demande », a expliqué en marge de l'AG le directeur général Patrick Marie, évoquant un marché « en retrait à l'export » avec notamment des « problèmes de solvabilité en Russie ».
Pour Laurent Bourdil, « le doublement des productions de soja est le signe que cette espèce peut retrouver ses titres de noblesse, écrit-il dans le rapport d'activité 2014. On peut imaginer qu'elle reprenne la place qui lui est due dans nos assolements et réponde aussi bien aux nouvelles réglementations européennes qu'au plan protéines mis en place par le ministère. »
Changement climatique
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Fort d'un mandat renouvelé à la tête de l'Anamso, le président a inscrit cette assemblée générale à Paris dans une vision jusqu'à 2025. « L'évolution du climat nous préoccupe, a déclaré Laurent Bourdil. Tout le cycle de production sera affecté : de la préparation du sol à la récolte, en passant par le semis, la floraison. »
Le directeur de recherche à l'Inra de Toulouse Philippe Debaeke a présenté les impacts prévisibles sur la production de semences oléagineuses. Parmi eux, il y a une durée raccourcie de la phase de remplissage. Cela se traduit chez le tournesol par des graines de taille inférieure, comme le montre une étude en Argentine sur l'effet de la hausse des températures. Le changement climatique risque aussi d'affecter la reproduction. En cause, une baisse de diversité des pollinisateurs, une modification de leur synchronisme par rapport à la floraison.
Les producteurs voient toutefois se profiler des adaptions possibles. Philippe Debaeke a notamment cité l'obtention de variétés tolérantes, le changement des dates de semis, l'irrigation.