Réunis le 2 septembre pour leur première commission de l’Agriculture de la rentrée, certains eurodéputés ont une nouvelle fois dénoncé, en s’adressant à la Commission européenne, le risque de concurrence déloyale que pourrait entraîner l’autorisation d’équivalence concernant les inspections sur pied relatives aux semences de céréales effectuées en Ukraine et les semences de céréales produites en Ukraine et officiellement certifiées par les autorités nationales (1). « Des doutes certains existent concernant les méthodes de production ukrainiennes qui favorisent l’utilisation de produits phytosanitaires qui sont aujourd’hui prohibés au sein de l’UE. Nous ne pouvons donc pas accepter des semences ukrainiennes qui ne respectent pas nos règles », a notamment averti Jérémy Decerle (centriste). Par ailleurs, l’Ukraine qui est connue pour ses terres fertiles et des coûts de main-d’œuvre bon marché, pourra, comme le rappelle Daniel Buda (démocrate-chrétien), « produire des semences à plus bas coûts et les exporter sur le sol européen à des prix défiant toute concurrence et sur lesquels les producteurs européens ne pourront s’aligner ». Au regard de cette perspective, l’eurodéputé a interpellé la Commission sur les capacités des semenciers européens à faire face à cette nouvelle concurrence et sur les garanties existantes en cas de forte perturbation du marché.
De son côté, la Commission a souhaité avant tout rassurer en expliquant que l’Ukraine adoptera une législation similaire à celle de l’UE concernant à la fois les semences mais aussi d’autres produits phytosanitaires tels que les pesticides. « À terme, les conditions de production devraient donc être similaires à celles de l’UE », précise Bruxelles, ajoutant que « les décisions d’équivalence ne viendront pas impacter l’activité des semenciers européens car nous sommes plus qu’autosuffisants ». Suite à ce deuxième échange de vues, les eurodéputés devront se prononcer sur cette proposition d’amendement de Bruxelles, mais aucune date n’a été fixée pour l’instant.
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(1) Voir n° 3744 du 01/06/2020